À la cour des miracles, à la cour des miracles…

“La science ne croit pas aux miracles”… Qu’ils disent !

 

Je suis en consultation d’uro-gynéco un jour de stage de cancérologie, en tant qu’externe (donc les consultations, c’est aussi de la cancérologie).

 

Premier patient : cancer avancé d’on ne sait où… Il a juste des métastases (des cancers secondaires) dans le foie et un rein, assez énorme. On suppose que c’est un cancer primaire digestif pas encore retrouvé, il reste quelques analyses à faire, si c’est pas concluant, on dira que c’est rénal et on traitera comme tel.

 

Fait important, le patient est un petit vieux de 82 ans.

 

Ayant lu l’histoire, comme moi, sans avoir vu le patient, vous comprenez que je m’attends à accueillir un grabataire, accompagné de ses enfants, avec canne ou fauteuil, qui va reprendre son souffle avant de parler…

 

Que nenni ! Le jeune homme arrive, fringuant, rapide, nous serre (ou nous broie) la main avant de s’asseoir. A nos questions, tout va bien. Pas de douleur, pas d’effet secondaire de quelque traitement que ce soit, pas d’essoufflement, pas de fatigue, pas de perte de poids, pas de perte d’appétit, rien !

 

Second patient, ou plutôt une patiente : 8 ans avant, elle a été diagnostiqué d’un cancer de l’ovaire, stade 3C (autant dire très avancé, de mauvais pronostic), pour les non-médicaux ça veut dire qu’il s’étalait dans le ventre et prenait ses aises, de telle sorte qu’il était très difficilement traitable. Même de très mauvais pronostic.

 

C’était il y a 8 ans de ça. Chaque année, on fait un contrôle. Il ne reste rien de son cancer, et même si ce mot est proscrit en oncologie, elle est guérie !

 

Troisième patient : cancer de la prostate avancé, vraiment avancé, six ans avant. Là quand je dis vraiment avancé, c’est parce qu’il avait des métastases aux poumons, métastases très impressionnantes, en terme médical un lâché de ballon (ça fait joyeux, comme terme, pour un malade théoriquement incurable)… Extrêmement essoufflé, du genre qui pouvait pas aligner trois pas ou trois mots sans reprendre son souffle… Graves co-morbidités (ça veut dire qu’il était malade à côté du cancer), de telle sorte que plein de traitements lui étaient interdits. Il avait à l’époque 72 ans.

 

C’était il y a 6 ans. Aujourd’hui il est en pleine forme (enfin lui on peut deviner qu’il a plus 60 ans, pas comme le premier, mais bon…), le traitement qui lui avait été administré en essai a été très dur à supporter, mais le jeu en valait la chandelle, et il n’y a plus rien, que quelques traces, et seulement à l’imagerie, de sa maladie.

 

Quatrième patient : 55 ans, mentalement déficient (ça n’a pas grand chose à voir, mais bon). Cancer du testicule multi-métastasé, en réponse totale depuis 2 ans à un traitement expérimental…

 

Moi j’y crois, aux miracles, et je ne vois pas en quoi ça contredit la science… Et pour une fois j’espère qu’il y en a plein qui lisent mon blog. Plein de cancéreux, de familles de cancéreux, à qui je peux dire que oui, le cancer c’est pas une maladie drôle, c’est grave et pas facile à gérer, mais ça ne doit pas tuer l’espoir…

 

A tous ceux-là…

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~ par docnmama sur 23/02/2013.

2 Réponses to “À la cour des miracles, à la cour des miracles…”

  1. MERCI !

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