Avis aux thésards, futurs thésards, quelques idées…

Aujourd’hui, encore plus que tous les jours, j’écris pour être lue. J’écris même carrément avec l’espoir que cet article soit partagé et diffusé.
Bon, j’écris tous les jours avec l’espoir d’être lue, d’être commentée (pour échanger), sinon j’écrirais un bête journal intime, et comme c’est pas mon truc, ben je l’écrirais pas. Je suis bien contente si je peux toucher au point qu’on ait envie de partager mes écrits, mais c’est purement égoïste.
Mais aujourd’hui, c’est plus ou moins altruiste. C’est cadeau. Et quand je fais un cadeau, j’espère qu’il va faire mouche, qu’il va trouver preneur, et pour ça, j’ai besoin qu’il atteigne un potentiel preneur, donc que mon article soit partagé… Tout en logique !

En fait ya deux raisons.
La première, c’est que quand j’ai décidé que je ferai médecine, ya déjà quelques années, j’ai décidé que je changerais la médecine, que j’y apporterais ma touche, bref, je ne serais pas une suiveuse, mais je changerais le court des choses. J’en suis revenue, de ça, j’espère toujours apporter ma petite touche, mais bon, je préfère le soin à la politique, alors… Je me suis un peu résignée… Je changerai les choses, mais juste à mon échelle. Et ce sera déjà bien. Mais bon, si là, avec ces idées, je peux aider à faire des minis-révolutions, ben je vais pas me priver !!
La seconde, c’est que j’ai mis un peu de temps à trouver mon sujet de thèse (je l’ai trouvé très tôt, pour certains, mais par rapport à quand j’ai commencé à chercher, j’ai finalement mis un peu de temps, j’ai juste commencé à chercher tôt. Et heureusement que j’ai trouvé tôt, d’ailleurs, parce que je me suis un peu enlisée et je commence juste à catégoriser les choses et à voir comment je vais m’en sortir). Bref, j’ai trouvé mon sujet de thèse, et depuis, un déclic s’est fait en moi. Un sujet de thèse, finalement, c’est facile à trouver, il suffit de trouver un sujet choquant, un sujet qui vous fait chier dans votre métier et que vous aimeriez changer. Un truc qui vous révolte (pas forcément gravissime, mais pour lequel vous seriez prêt à entrer en campagne). Un truc pour lequel vous écririez bien un article de blog, par exemple ! 😉 Et du coup, depuis que j’ai trouvé mon sujet de thèse, j’en ai plein d’autres qui s’imposent à moi ! J’en suis presque déçue d’avoir déjà commencé ma thèse et enregistré mon sujet.

Donc bon, je suis bien consciente, vu ce que je viens de décrire, qu’un sujet de thèse doit être personnel, un minimum, vous n’allez pas passer un an sur un sujet qui révolte quelqu’un d’autre mais ne vous inspire rien… Mais j’en ai vu, des internes qui se font dicter des sujets, alors pourquoi pas ? Et puis si ces sujets me touchent, pourquoi ne toucheraient-ils pas quelqu’un d’autre ?
J’envoie donc ces sujets, en espérant que quelqu’un les lise, et même qu’une thèse en soit faite, quelque part. J’espère même (j’ai plus les pieds sur Terre, là) avoir des nouvelles de cette thèse et qu’elle change (un peu) les choses…
J’écris pour les internes, et même les internes en médecine générale, parce que j’écris pour ma paroisse et parce que j’ai pensé les sujets comme ça, mais je pense qu’ils peuvent servir à un mémoire de fin d’étude pour élève sage-femme, aussi, ou à des internes de spé (pédia et gynéco, dans ce cas), suffit de retoucher un peu.
Après 9 mois de grossesse, il faut dire que les sujets qui me touchent sont un peu orientés, mais bon, très utilisables en médecine gé !! 😀

Les dangers de l’automédication assistée par internet.

Depuis que je suis arrêtée, je suis beaucoup sur internet, on m’a invité à des groupes de mamans, je lis des blogs, je vais même parfois sur Doctissimo, c’est dire !! Et j’ai rencontré de véritables horreur, de grosses coquilles qui peuvent s’avérer mortelles. Surtout dans le domaine « mon enfant est malade, je fais quoi ? ». Je ne les ai malheureusement pas enregistrées pour les montrer, mais il y avait de la prescription d’Advil pour baisser la fièvre dans la varicelle, par exemple ! Bref, à chaque fois j’y allais de mon « ah non non non surtout pas !! », j’en vexais une ou deux au passage, d’autres me regardaient avec leurs yeux ronds (ou l’auraient fait si ce n’était l’anonymat d’internet), je finissais par lever la tête et dire avec beaucoup d’emphase que j’étais médecin, et ça m’énervait au plus haut point de devoir faire ça. J’ai jamais vraiment eu de retour sur l’état des mômes, je n’ai pas cherché ces retours, d’ailleurs, et je me sentais une responsabilité que je n’avais pas voulue. J’ai fini par arrêter de chercher, me détacher de ces groupes, mais du coup, qui va dire « ah non non non surtout pas !! » ? Est-ce que ça veut dire que je les ai abandonnés ? Bizarre sentiment qui confine au complexe de supériorité et au paternaliste, imposés parce que c’est pas vraiment mon truc. D’où la révolte et l’idée de thèse.

Thèse super facile, qui plus est, rapide, quasiment uniquement bibliographique (le rêve de pas mal d’internes), et qui pourrait avoir de grandes et belles répercussions !
Le principe : se donner un exemple de sujet à chercher. Faisons large et dangereux : la fièvre chez l’enfant. Mais y en a plein d’autres, suffit de prendre un exemple.
Au choix, soit vous avez le temps et décidez une étude prospective, dans ce cas sur plusieurs sites, vous posez la même question (sous plusieurs pseudos parce que sinon grillés), attendez les réponses. Sinon vous faites une étude rétrospective, vous vous donnez une période de temps sur laquelle vous recherchez, sur tous les forums, les réponses à votre sujet. La recherche doit être complète et exhaustive.
Ces réponses, il suffit de les classer en 3 cases : utiles, inutiles et dangereuses. Vous comparez aux recommandations. Et vous tirez vos conclusions.

Dans mon idéal, cette thèse pourrait aboutir à règlementer correctement l’usage d’internet à visée médicale. Construire des sites sécurisés, vérifiés tous les jours par de vrais médecins, qu’on pourrait même rémunérer un minimum. Fermer Doctissimo et autres. Et INTERDIRE purement et simplement les conseils médicaux précis (pas de nom de molécule, pas de « prescription » internet, que des conseils d’hygiène et de diététique) s’ils restent anonymes, au risque d’encourir, comme ailleurs, le délit d’exercice illégal de la médecine. (et les sanctions qui s’imposent). Pas facile à règlementer, mais je pense que c’est vraiment nécessaire !

Les usages paramédicaux du lait maternel.
Pour le coup je vous renvoie à l’article que j’ai publié hier soir, qui explique le pourquoi.

Le comment est plus compliqué. Je pense qu’il faut faire une thèse à la fois bibliographique et statistique.
La bibliographie, c’est le recensement des blogs qui en causent, des quelques pauvres articles scientifiques qui causent pas vraiment de ça mais s’en rapprochent (voir sur mon article d’hier), des forums… … … Etayer la croyance et la pratique populaire.
La statistique, c’est faire un questionnaire (et pour le coup très large, parce que vu que c’est pas connu, il faut un gros échantillon, mais on peut s’aider d’internet en faisant un questionnaire googledocs et donc recruter les mamans forumeuses et blogueuses qui en parlent et leurs contacts. Y aura un biais mais pour le coup on s’en fiche, suffit de le mentionner, l’idée étant surtout d’avoir des usages et des résultats) sur qui le fait, quels usages et quels résultats. Au recueil des questionnaires, j’espère qu’on aurait un quota suffisant de femmes qui ont eu des résultats.

L’idée étant de démontrer qu’il y a croyance populaire (bibliographie), qu’il y a pratique populaire et résultats (statistique), et convaincre donc qui de droit de faire des études plus poussées.

Le truc c’est que comme c’est pas un produit qui va se vendre, aucun labo n’aura d’intérêt à lancer des études sur le sujet. La seule gagnante financièrement, dans ce cas, c’est la santé publique, donc l’assurance maladie. Et pour qu’elle mette des sous dans une étude, faut lui montrer que ça en vaut le coup, qu’il y aura des résultats derrière. Tout ça dans un contexte de promotion de l’allaitement maternel, ça peut marcher, et c’est le but de la thèse, et les répercussions possibles.

L’alimentation de la femme enceinte.

C’est bien gentil, mais partout on trouve du tout et du n’importe quoi. Alors un recensement des articles scientifiques qui nous disent ce qu’on doit manger, ou pas, les risques et le pourquoi, ce serait teeeeeeellement utile !!!

Trois parties : les nécessités (le pourquoi des compléments, est-ce que c’est pour tous, les bienfaits et méfaits), les interdits (ce qu’il ne faut pas manger, pas boire, dans quelles conditions on peut, et pour quoi (parce que les immunisés toxo par exemple ont plus de latitude, mais on ne sait jamais sur quels aliments), et comment faut cuire (parce que la listeria se dépose sur les extérieurs, mais ça on le sait pas, ce qui fait qu’un steack, s’il est bien cuit à l’extérieur, est tout à fait mangeable saignant, mais qu’un steack haché doit être cuit à coeur parce que la surface est énorme, par exemple, mais ça encore faut le savoir)), et dernière partie : l’état des connaissances.
Une thèse bibliographique, donc (pour les deux premières parties) et statistique (et le mieux serait un questionnaire à faire remplir aux médecins (mais vas-y pour le récupérer, ils sont trop pris et ne les remplissent pas souvent) ou mieux des petits entretiens, pour savoir ce qu’ils en connaissent et où ils ont trouvés leurs infos).
Il y a bien des recommandations HAS, mais pas très récentes, je crois, peu développées, et surtout méconnues, même par les médecins (j’ai fait ma petite enquête au début de ma grossesse quand je voulais savoir quoi manger quand comment).

La répercussion : faire comprendre aux médecins qu’il faut se former, bon, ok, mais surtout leur montrer où (dans la thèse, qui aura pris soin de faire un guide consultable). Et donc, forcément, en informant, éviter les erreurs et la contamination, mais surtout permettre un mieux vivre des femmes enceintes, qui ne savent pas où donner de la tête et se privent parfois pour rien, ou culpabilisent pour un steack. (chaque extrême existe)

Voilà pour les idées, en espérant que ça en inspire certains.
Si vous connaissez quelqu’un d’intéressé, je suis tout à fait ouverte à parler avec lui, voire à l’aider dans la mesure de mes moyens et de mes idées.
Seule petite demande, si quelqu’un prend un de ces sujets, j’aimerais le savoir, ce serait cool à apprendre. Et ce serait bien aussi d’avoir ensuite les résultats du truc. 😀

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~ par docnmama sur 15/03/2013.

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