La dernière tétée…

•28/10/2013 • Un commentaire

On sait souvent quand sera le dernier jour de travail (même si moi je ne l’avais pas su), on programme le dernier biberon de la journée et on décide (du moins on essaye, et pour ceux que ça concerne) de sa toute dernière cigarette.
On se souvient tous de la première tétée de notre bébé. On se souvient la sensation, sa bouille, et ce qui nous est venu à la tête. Moi ma réaction a été « oh ! ça ne fait pas mal »… Je m’attendais à serrer un peu les dents, et en fait pas du tout, ça a été un tel soulagement après ces heures de douleur infinie, peut-être que j’étais shootée aux endorphines du coup. En tous cas je m’en souviens.

C’est très différent pour la dernière tétée. Je me souviens d’une amie qui avait dit « voilà, dernière tétée, ce soir je me saoûle », sur facebook. Bon, c’était, je pense et j’espère, plus pour le « spectacle » du statut que la vérité, mais je m’étais demandée comment elle pouvait prévoir ainsi.
Moi, je n’ai pas pu.
J’ai su quand je commencerais le sevrage. Pour des raisons pratiques et, n’ayons pas peur de le dire, parce que ça commençait aussi à bien m’arranger. La tétée en soit restera toujours aussi mignonne, mais m’interdire un petit verre d’apéro quand y a des amis, m’interdire surtout le médicament qui m’aidera à supporter mon dos en vrac, m’interdire les vêtements qui m’empêcheront d’allaiter sans devenir instantanément vraiment indécente (je pense à une petite robe toute mimi couvrant le décolleté, je ne pouvais allaiter avec qu’en la soulevant totalement, donc fesses à l’air), tout ça commençait à me peser, sans compter mon petit coquin qui trouvait rigolo de pincer le sein dans ses gencives avec un gros sourire… Il me faisait très mal, mais me faisait aussi exploser de rire, alors comment voulez-vous qu’il comprenne qu’en vrai c’était pas drôle du tout ?!
Bref, j’ai donc commencé le sevrage, de retour de vacances, parce que en vacances c’était quand même plus pratique de ne pas avoir à amener le lait. j’ai commencé tranquillement, mais il a pas du tout protesté, alors j’ai fini par me dire qu’un sevrage rapide, comme ça ne l’embêtait pas, serait mieux pour lui. Au plus vite recommencer une routine rassurante plutôt que de ne jamais savoir si on va avoir sein ou bib…
J’ai gardé à peu près une tétée par jour, pour soulager mes seins plus que pour lui, qui allait très bien et appréciait tout autant ses biberons.
Et puis j’ai eu de moins en moins mal aux seins, tout ça sur une toute petite semaine.
Et un jour, je me suis demandée s’il allait en avoir une nouvelle, et en fait non. Et je n’avais pas eu de dernière tétée.

Quelque part, est-ce bien nécessaire, une tétée au goût de regret ou de nostalgie, ça doit être lourd à digérer, pour un petit bout de tout juste 7 mois…
Ce n’est pas triste, on avance…
Mais c’est bizarre, de me dire que je n’aurai pas de dernière tétée…

Et à vous, ça vous a fait quoi ?

PS : en fait je triche, une nuit il s’est réveillé et en pleine forme, n’a pas voulu se rendormir. J’ai utilisé l’arme ultime, et comme je m’étais déjà fait cette réflexion, j’ai pu avoir ma dernière tétée. Du moins jusque maintenant, je crois (ça fait deux jours)…

Baptisé mais pas trop…

•04/10/2013 • Laisser un commentaire

Je voulais en parler ici parce que ça pourrait en tenter quelques un(e)s qui ne connaîtraient pas.
Nous sommes des personnes spirituelles (je ne veux pas dire intelligentes, mais un peu métaphysiques : nous pourrions bien être religieux si nous rentrions dans les « cases » d’une Eglise. Mais ce n’est pas le cas. nous nous contentons donc de voir un au-delà non défini, un au-dessus non défini, et de nous dire que nous ne sommes pas uniquement matériels, mais sans statut réel), mais non religieuses. Nous avons notre propre église, disons. Non nommée. Et nous croyons aux traditions.
Nous nous sommes donc mariés un peu plus qu’à la mairie, mais pas à l’église, qui ne nous aurait pas acceptée sans tricherie (nous faire baptiser sans y croire vraiment), or nous respectons trop les religions pour tricher. Nous avions organisé à l’époque une cérémonie laïque, montée de toutes pièces, célébrée dans le jardin de mon enfance, officiée par un ami de ma famille, une sorte d’oncle surnuméraire. Aucune valeur légale, mais quelle valeur sentimentale !

Quand notre bonhomme s’est annoncé, nous avons tout de suite su que nous voulions lui offrir ce que ni l’un ni l’autre n’avions eu, et qui est un grand atout à notre avis, un parrain, et une marraine, donc un baptême.
Un parrain, une marraine, ce sont des gens rien qu’à nous. Nous ne les partageons même pas, comme nos parents, avec nos frères et soeurs. Ce sont d’autres adultes qui nous aiment, des sortes de suppléants qui peuvent entendre nos plaintes secrètes, celles que même nos parents n’ont pas le droit d’entendre, ou alors celles qui les concernent. Eux aussi nous offrent la même sécurité que nos parents, ils nous aimeront toujours, quoi qu’on dise ou qu’on fasse. Ils sont mieux que des parents parce qu’un peu copains aussi, et mieux que des copains parce qu’un peu parents aussi. Ils sont uniques, à nous, et nous aident à grandir et à nous situer… Je trouve que ce sont des concepts géniaux. Et on a trouvé des gens géniaux pour les incarner pour notre fils.

Et du coup, saviez-vous qu’il était possible de faire baptiser vos enfants sans passer par l’Eglise, lors d’une cérémonie tout à fait officielle ? On appelle ça le parrainage républicain ou baptême civil. Ou encore baptême républicain ou parrainage civil. Bref…
La peur que j’avais, rapidement balayée, c’est le côté officiel de la chose. Mais il n’y a aucun caractère légal, surtout aucun papier qui dit « si je meurs, vous avez une responsabilité d’enfer »… L’adjoint au maire qui a officié nous a même dit qu’il n’avait pas le droit de dire « je vous déclare parrain et marraine » (ce qu’il a quand même fait pour nous faire plaisir), et quelqu’un m’a dit que le maire en personne n’avait pas le droit d’officier, trop « officiel », justement.

Bref, c’est une cérémonie un peu officielle mais pas trop, qui permet de nommer un parrain et une marraine devant témoins, famille, et avant l’occasion d’une petite fête.

Après ça, la petite fête, c’est un peu (mais bien moins) comme un mariage, comme un vin d’honneur : on a fait un goûter dinatoire, avec des amuse-bouches qu’on avait fait maison, sucré, salé, des boissons avec champagne et jus de fruits, et des bonbons parce qu’il y avait les petits cousins et les enfants des copains.
Comme pour un mariage, aussi, on avait désigné un thème, pour le coup le thème du vent et du ciel : en déco, on avait fabriqué plein de petits cerfs-volants (absolument pas volants, mais on les a punaisés au plafond), une magnifique montgolfière en guise de luminaire (avec une boule japonaise de couleur et un petit panier dessous avec des bonshommes dedans), des oiseaux de carton sur les murs, des ballons partout, et des petits moulins à vent plantés dans les fleurs et les bols de bonbons.
On a eu la chance d’avoir le beau temps, on a envoyé des bulles, il y avait une table basse qui s’est rapidement retrouvée couverte de cadeaux, et j’avais cousu sa petite salopette blanche dans le tissu de la chemise de marié de son père (très symbolique, d’autant que je portais la dite chemise au moment de sa conception, mais chuuuut…).

Et vous, baptême ou pas ?

Sujet sensible : la tétine !

•04/10/2013 • 3 commentaires

J’aime bien polémiquer… J’aime pas forcément les disputes, mais j’aime bien les vraies discussion, quand tout le monde est d’accord j’ai pas l’impression d’avancer. Dans une discussion, parfois, je ne suis même pas toujours d’accord entièrement avec moi-même… J’aime me faire l’avocat du diable, juste pour faire avancer une discussion qui stagne. J’en donne pas forcément l’impression, comme ça, mais j’apprend de chaque personne avec qui je polémique. Même si au début, souvent, la discussion me blesse, parce qu’on attaque facilement, outre les propos, la personne qui les avance. Et quand je me sens attaquée, je me sens blessée… Et puis le lendemain, ou quand ça a eu le temps de redescendre, j’ai appris un truc. Que ce soit sur le fond, sur les faits, ou sur la forme, tout simplement.

Bref, tout ça pour dire que parfois, ou souvent, sur ce forum, j’aborderai des sujets sensibles… Comme la dernière fois le cododo. Aujourd’hui, et parce que j’ai vu de nombreuses discussion houleuses (surtout sur internet, ya souvent de la houle sur internet !) à ce propos, la tétine.

Mon bébé n’a que 6 mois, mais il a déjà passé plusieurs phases à ce sujet.
Initialement, j’étais pas forcément pour, donc je n’ai pas acheté de tétine. J’en avais juste reçu une dans une pochette cadeau de Luc&Léa. Je l’avais mise de côté, au cas où.
Je l’ai allaité dès le début (et j’ai eu de la chance, il a tout de suite été très doué pour ça), alors c’est un peu moi qui servais de tétine. Je croyais dur comme fer (et même si je suis moins catégorique aujourd’hui, je le crois encore) que le nouveau né a un grand besoin de réconfort, quoi qui lui arrive, le caprice n’existe pas à cet âge alors je lui donnais le sein à la moindre contrariété. Il s’endormait au sein, se réveillait au sein, et entre les deux… un peu de sein !
Puis on s’est mis à me demander combien de fois je l’allaitais et j’ai été incapable de répondre. Je sais ce que c’est qu’un allaitement à la demande, je sais que ce n’est en aucun cas nécessaire de savoir combien de temps entre chaque tétée, ni combien de tétées par jour, mais bon, ça m’a interloquée. Il a commencé à pleurer quelques crises, alors que c’était un bébé tout calme, les coliques, vers 3 semaines… Et quelqu’un m’a dit que redonner le sein avant 1h30 ou 2h de pause, c’était pas génial, le bébé n’ayant pas encore eu le temps de digérer le dernier bol alimentaire, on lui en remet, donc coliques ! Que le meilleur remède contre les coliques c’est la succion (ça je le savais), et que la succion au sein est super à ce ci près qu’elle a, dans cet indication, un effet secondaire certain : ya pas que la succion, ya la nutrition ! Donc j’ai voulu essayer la succion non nutritive, c’est-à-dire la tétine. J’ai ressorti la tétine cadeau. Et Il n’a pas aimé : dans sa toute petite bouche, cette tétine pour nouveau-né pourtant, était très grande. Tellement qu’elle lui déclenchait un réflexe nauséeux, un haut-le-coeur. J’ai essayé d’autres tétines, anatomiques, physiologiques, spéciales bébé allaité… Toujours pareil. Partant du principe qu’il avait un réflexe nauséeux très fort et que la tétine paraissait trop grande, j’ai essayé la tétine spéciale préma. Là ok, pas trop de réflexe nauséeux, et pour qu’il la tète, mon mari avait trouvé le truc : il fallait lui mimer la succion avec le bruit. Une fois installé, ça paraissait lui plaire, mais il la rejetait très vite (elle tombait). Et puis les coliques se sont calmées, je ne lui ai plus tellement donnée.
J’ai continué à servir de tétine humaine, et mon mari aussi, avec ses doigts (l’auriculaire de mon mari a eu beaucoup de succès).

Ensuite, il a trouvé très vite son pouce, l’a beaucoup tété, et a semblé s’en contenter.

Vers 5 mois, il a eu l’air de la redemander, et puis surtout, j’ai voulu le réhabituer, parce que je vais bientôt reprendre le boulot, et que je veux qu’il sache s’endormir sans moi (la sieste, et même certains soirs, ce sera bientôt sans moi). Déjà première étape, le faire s’endormir sans mes seins, et avoir un « signe » qui dit « c’est l’heure de dormir ». D’où la tétine. On en a trouvé une et une seule qui a fonctionné. Une spéciale bébé allaité je crois, qui a aussi l’avantage d’être transparente et de ne pas « bouffer » tout le visage de bébé. Maintenant il en est presque à s’endormir carrément seul (avec un nounours musical, et à côté de moi dans le lit, mais sans me toucher, juste pour que je le surveille et qu’il puisse me regarder de temps en temps) avec la tétine. Gros progrès. Pas de « caprice » pour l’avoir quand on n’est pas dans un moment câlin ou sieste ou dodo.

Voilà où on en est.

 

Et maintenant, qu’on a passé le côté perso, voilà ce que j’ai vu du « pour ou contre » la tétine :
– « il ne va pas savoir s’en passer » : Oui, je sais bien que c’est un risque. M’enfin le pouce, tout pareil. Et puis le pouce, c’est bien difficile de négocier qu’il doive rester dans le lit, ou de le refiler au père Noël… Le pouce, pour s’en passer, c’est comme de dire à un alcoolique de ne plus boire tout en lui laissant sans arrêt dans son sac une bonne bouteille, sa préférée. C’est même plus dur de s’en passer…
– « c’est une manière de faire taire son gamin sans s’en occuper » : Mon bébé n’est pas stupide, et aucun autre. Je n’ai ni la même forme, ni la même odeur, et je ne ressemble pas à cette tétine. Il sait bien faire la différence entre nous. Parfois il veut la tétine seule, parfois il veut la tétine et moi, parfois il veut moi et pas la tétine. Je m’occupe énormément de mon bébé, et la tétine, si ça le réconforte, et bien c’est une manière de m’en occuper, je réponds à ses besoins, de la même manière que quand je le change, quand je le baigne, quand je lui chante une berceuse, quand je le nourris.
– « c’est pour les parents qui ne supportent pas d’entendre leurs bébés pleurer » : Autrement dit, il faudrait préférer qu’il pleure ? Oui, je l’avoue, je ne supporte pas d’entendre mon bébé pleurer. Il ne s’agit pas d’un problème d’oreille, mais de coeur. Mon coeur se brise s’il pleure. Et si sa tétine le rassure, je la lui donne. Ça ne m’empêchera jamais de le prendre dans mes bras, de le bercer, de chanter… Le tout avec sa tétine. La tétine n’est pas un bouchon : d’abord elle n’est pas fixée, si bébé la garde c’est qu’il la veut, sinon un coup de langue et elle s’en va. Ensuite, parfois bébé pleure avec elle, ça n’empêche pas de pleurer. Enfin, donc, on peut raisonnablement supposer que si elle l’empêche de pleurer, ce n’est pas mécanique, mais qu’il est réconforté…
– « un bébé avec une tétine, c’est moche » : Le pire que j’aie entendu. Ok, c’est un peu moins adorable. Mais un bébé (et surtout le mien 😛 ), c’est juste adorable, pas moche ! Et quand bien même ce serait moche, ou même très moche, ben j’ai pas fait mon môme pour des raisons d’esthétique, et je préfère le voir moche et bien, que beau et en souffrance (oui, pour certains enfants, la tétine calme une souffrance morale, une crainte, un inconfort).

Et vous, la tétine, vous en pensez quoi ? Et vos bouts de choux ?

Trouver une assistante maternelle… le parcours du combattant !!!

•16/08/2013 • Un commentaire

En novembre, il faudra bien, je reprends le boulot. J’ai déjà eu la chance de pouvoir me payer le luxe de ces quelques mois supplémentaires auprès de mon petit coquin, mais il faudra bien m’en séparer et le laisser à une autre, une autre qui, on le sait bien, prendra une place considérable dans ce petit coeur que je voudrais bien ne voir dévoué qu’à moi (en fait c’est pas vrai, je suis bien contente qu’il diversifie ses points d’accroche autant que son alimentation… Il n’en sera que mieux protégé des conneries qui peuvent nous tomber dessus, et sur une note plus joyeuse, nous pourrons aussi partir en vacances).

La crèche, c’était mon premier choix. En fait nous avons dans la commune une crèche familiale (à ne pas confondre avec la crèche parentale, totalement privée, où les parents se regroupent pour des roulements), qui ressemble à l’assistante maternelle, sauf qu’il y a regroupement des enfants certains jours, pour les faire jouer et apprendre un peu la socialisation, et qu’en plus, quand la dame est malade, une autre prend le relai, pas d’imprévu donc. Autre point fort, les vacances c’est quand on veut, pas besoin de se caler sur l’ass mat, puisque quand celle-ci est en vacances, une autre prend le relai, comme pour la maladie. Bref, le point fort de l’ass mat, sans les points faibles. Mais on n’a pas été acceptés. Une sombre histoire de délai, j’avais appelé trop tôt pour faire le dossier, « rappelez dans 4 mois », et 4 mois plus tard c’était un peu tard, on vous met sur la liste d’attente quand même, mais on verra. Verdict, Il reste bien une place, mais pour un enfant qui marche (euh… ok, mais à 7 mois, même si je le stimule à mort, m’étonnerait qu’il soit si précoce).

Donc voilà, finalement c’est recherche d’assistante maternelle. Et moi qui croyais que ce serait simple, qu’elles sont toutes chouettes et qu’à la première qui convient ce serait banco, ben non. (cela dit, du coup, comme on n’aurait pas pu choisir l’assistante maternelle qui se serait occupée de lui à la crèche familiale, c’est peut-être pas plus mal…)

Première rencontre avec une femme charmante, un peu froide et stricte au premier abord, m’avait prévenue mon ostéo qui me l’avait conseillée, en fait bien organisée, une du genre qui rassure direct quand tu imagines lui confier ton môme. Maison aseptisée, enfants hyper sages, pas de protection de l’escalier par exemple, ils savent très bien qu’on n’a pas le droit d’y monter, tout comme la cuisine ouverte où on n’a pas le droit d’aller et ils n’y vont pas, ils ne dépassent pas la limite du carrelage. Rassurant, mais un peu trop net, je ne saurais pas comment l’exprimer… Sympa, si on n’en trouve pas d’autre elle sera bien, mais pas de coup de coeur. Comme tout le monde (y compris elle) nous conseille d’en voir d’autre, on prend la liste et on fait le tour. (rajoutons qu’elle habite dans un quartier très sympa, à 10 minutes voiture de chez nous, avec petit lac, école, parcs, jeux et tout ce qu’il faut, et qu’en raison de ce coin, toutes les ass mat qu’on rencontrera du même quartier prennent grosso modo 50 centimes de plus à l’heure et 1 euro de plus à la journée… Mine de rien c’est pas mal en calculant !)

Puis nous voyons une mamie très gentille, elle fait dans les 60-70 ans et nous annonce qu’elle va bientôt fêter son cinquantième anniversaire, ça fait un peu bizarre… Je me sens pas sympa en disant ça, mais ça ne rassure pas sur son état de santé, donc sur les imprévus potentiels. Rajoutons qu’elle a deux enfants, malades chroniques (l’un du coeur, l’autre bec de lièvre avec chirurgies à répétition), donc qu’elle saura parfaitement s’occuper du coquin s’il a de la fièvre, que ça ne lui fait pas peur, mais ça ne rassure pas plus sur les imprévus…

Une dame adorable, très énergique, mais qui refuse catégoriquement de travailler le samedi (mon mari est facteur (et tout le monde reçoit son courrier le samedi) et moi, quand je ferai mon stage au CHU, j’aimerais voir leurs têtes si je leur dit que le we je peux pas). Bon, on a sa marraine qui pourrait dépanner, mais on ne veut pas la bloquer, elle dépannera en cas de panne, justement (d’imprévu quoi), mais bloquer systématiquement son samedi, non, ça c’est pour les personnes qu’on paye, qu’on engage, et qui s’engagent justement. À part ça de toutes façons, rien de précis à redire, mais un feeling pas top.

Une adorable jeune femme pour qui le coquin serait le premier bambin en tant qu’assistante maternelle… En soit ça ne me dérange pas, mais on n’a pas la garantie (même si elle a les agréments pour) qu’elle aura d’autres bambins à garder. Il y a foule d’assistantes maternelles dans notre commune, elle pourrait bien ne se retrouver qu’avec le nôtre à garder, et c’est ça qui me gène. Notre bonhomme n’a pas (encore) de frère et soeur, il a des cousins mais qui habitent très loin et il y a de grandes chances qu’il ne les voient qu’une à deux fois l’an, et c’est très important pour moi qu’il côtoie au quotidien d’autres copains. Des frères et soeurs de lait, sauf que la nounou ne fera pas nourrice, donc pas vraiment de lait, avec qui jouer, se disputer, se bagarrer, apprendre à gérer les frustrations et le partage, comprendre qu’on n’est pas seul sur Terre…

Une femme adorable qui nous ouvre la clope au bec et la télé allumée, et nous explique que la télé c’est tout le temps, la clope seulement dehors et quand les enfants sont à la sieste, mais à part ça, dommage pour ces deux points absolument rédhibitoires, à part ça elle est géniale !! Accepte tous horaires décalés, les samedis, emmène les mômes à l’école et au parc et partout. Quand elle n’en n’a pas beaucoup (un ou deux seulement) parce que vacances, ben elle fait des extras (piscine ou zoo)… Et elle prend plein de photos mais ne les donne pas aux parents (au début je suis choquée puis elle m’explique qu’en fait à la toute fin du contrat, elle fabrique un album photo avec des petits mots, et le donne aux parents… je suis séduite, mais c’est non catégorique, dommage).

Et enfin nous l’avons trouvée. Elle habite à 2 minutes à pieds (je parle des petits pieds de mon coquin quand il saura marcher), elle va à l’école à pieds amener son garçon (l’école aussi, c’était un point très important pour moi. Côtoyer tous les jours l’école, y aller, la connaître (en plus ce sera la sienne), savoir qu’il y a du bruit et qu’on s’y amuse, voir le garçon qui n’a pas peur d’y aller, ça pourrait désamorcer par avance la crise du jour J, voire ça pourrait carrément lui donner envie d’y aller). Elle fait aussi des extras parfois, plutôt parcs ou zoo puisqu’elle a peur de l’eau. Elle a sa mère qui habite pas loin et y va souvent avec les mômes, toujours à pieds, comme ça ils y gagnent une grand mère supplémentaire (pas que notre loulou en ait besoin, il en a déjà 5, mais bon, ça ne se refuse pas). Et à la maison, elle a une vraie ménagerie !!! 2 chiens, 3 chats, des poules que je n’ai pas comptées, des poissons, des oiseaux, des lézards, des tortues, des chinchillas, une chèvre aussi je crois. On a mis en balance l’hygiène moins aseptisée que chez les autres et la formidable expérience de vie avec les animaux, l’apprentissage, l’oubli de la peur des animaux… Et c’est elle qui a gagné !

Maintenant c’est l’heure d’appeler toutes les autres pour dire qu’on ne les a pas retenues… Comme un patron qui fait passer des entretiens (sauf que je le leur dit, je n’envoie pas de courrier…).

Et vous, ça a aussi été la croix et la bannière pour trouver son mode de garde, vous en êtes contents, y a pas eu de problème ?

4 mois déjà…

•25/07/2013 • Laisser un commentaire

Demain, mon loulou aura 4 mois, et c’est vrai que ça va vite… Pourtant tous les jours je pense à celui d’après, j’avais hâte qu’il me sourie, puis qu’il babille, qu’il rit aux éclats, qu’il se serve de ses mains, qu’il porte tout à la bouche, qu’il attrape ses pieds… Maintenant que toutes ces étapes sont accomplies, j’ai hâte de lui donner à manger à la cuiller, qu’il me fasse des grimaces ou tente de voler la cuiller selon qu’il aime ou non, qu’il ait la figure (et mes fringues) toute barbouillée, qu’il les mange, ses petons qu’il sait attraper, qu’il rampe, s’assoit, se lève, joue à « ramasse-couillon »… Plein de trucs, quoi !

On me dit « profite », et je vous rassure, je profite ! Mais j’ai hâte quand même de le voir évoluer encore plus…

Comme s’il avait 10 ans, je regarde avec tendresse ses premières photos, ses premières empreintes qu’on avait fait dans l’alginate, les vidéos de ses premiers sourires, de ses premiers rires…

Et j’ai beau être médecin, savoir parfaitement que son évolution psychomotrice est pile poil dans la norme, que tous les bébés de son âge en son à peu près au même niveau, hier quand il a attrapé son pied droit (le gauche était déjà acquis mais il avait tellement de mal avec le droit qu’il le griffait terriblement), je me suis sentie si fière !!! Il aime nous voir faire brrrrr avec les lèvres. Ça le fait sourire ou rire, selon les moments… Mais surtout, il essaye très fort de le reproduire et il y arrive presque, il fait de toutes petites bulles et de temps en temps ya un brrr qui arrive à sortir. Et à ce moments là, mon coeur explose de fierté !!!

Je commence à comprendre cette phrase que je détestais (et déteste encore, je fais attention à ne pas la sortir) : « tu peux pas comprendre, tu n’as pas d’enfant »…

 

Tout petit post pour me faire pardonner de n’avoir rien écrit depuis si longtemps. Prochaine étape, la nourriture, dans un mois. On reparlera médecine quand je reprendrai, en novembre, ce sera en autonomie chez des médecins généralistes, j’ai peut-être trouvé deux maîtres de stage, juste hyper difficiles à joindre ! 😉

Pourquoi j’ai choisi de NE PAS pratiquer le cododo ?

•16/04/2013 • 5 commentaires

Aucun jugement dans ce message, ce sont mes choix personnels, je réponds à une question qui m’a été faite, par une cousine adepte du cododo et d’autres pratiques de maternage, et avec qui j’ai eu cette conversation rafraichissante, parce que sans aucun jugement d’une part comme de l’autre (assez rare dans les conversations qui ont trait justement à certaines pratiques de maternage)…

Donc voilà mes raisons :

– D’abord et avant tout, ça vient d’une envie égoïste de décoration de chambre…
À  la seconde où j’ai su que j’étais enceinte, et même bien avant ça, j’ai commencé à imaginer la déco de la chambre de mon enfant. On en a beaucoup parlé avec le papa, on avait dessiné de nombreuses chambres différentes, relativement unisexe à la base. On adorait se balader dans les grandes enseignes et voir leurs étalages de meubles et déco de chambre de bébé puis d’enfant. On a choisi pas mal de thèmes, on a changé d’idées plusieurs fois…
On a fini par s’arrêter sur le thème de la forêt, quand bébé avait déjà 6 mois dans mon ventre…
La forêt, les arbres, les animaux, les chouettes, du vert et du marron, un peu de bleu et d’orange (du ciel et des feuilles d’automne)…
Depuis on a acheté une maison, donc au final je n’ai pas décoré la chambre, dans notre appartement, mais je décorerai celle dans notre maison, d’ici un mois je pense (on déménage dans 15 jours, donc le temps de se retourner)… Les murs en vert (en bas) et blanc cassé (en haut), le plafond en bleu très clair, avec des nuages blancs… Un gros arbre peint dans le coin, des oiseaux un peu partout, des animaux en bois collés sur les murs et peints, les meubles en blanc, des mobiles plein partout…
Mais bon, si bébé dort pas dans sa chambre à lui, quel intérêt ? 😉

– Et puis un principe bête qu’on peut facilement m’opposer, mais je crois que personne ne peut avoir raison parce qu’on ne sait tout simplement pas. Je crois, j’imagine, qu’avoir un vrai « chez-soi », un petit univers rien qu’à lui, ça peut être important, et constructif… Ça ne veut pas dire qu’on lui interdise la chambre de papa-maman, non, au contraire, il y est accueilli avec bonheur !

– J’avais aussi pensé que comme son papa ronfle et sa maman a un sommeil pas forcément ni calme ni profond, on pouvait aussi le perturber, et lui nous perturber… Je pensais que le sommeil de tout le monde serait meilleur si chacun dormait dans sa chambre.

Et puis j’ai accouché. Et à la maternité, quasiment 24h/24 en contact physique permanent (à cause de mes déchirures, j’avais tellement mal que pour le remettre dans son berceau je devais me contorsionner et que ça le réveillais, donc au final il n’était dans son berceau que la journée quand son papa l’y mettait, et la nuit je l’avais contre moi, il dormait avec moi (j’avais façonné le coussin d’allaitement en petit berceau dans mon lit), et moi je ne dormais pas). Quand on est rentrés à la maison, j’ai eu quelques heures difficiles, où je ne supportais pas de ne pas le voir, même à 1m de moi, il était trop loin, il a fallu que je m’habitue. Mais je n’imaginais pas dormir dans une autre pièce que lui. J’ai promis, autant à moi qu’à mon mari, que ce ne serait qu’une question de jours, ou de semaines, mais qu’avant ses 1 mois il retournerait dans sa chambre. On étais tous les deux d’accord, on a mis le berceau dans notre chambre. Et j’ai rajouté des arguments contre le cododo :

– La nuit, un bébé (en tous cas le mien), ça peut dormir très bien en faisant semblant du contraire… Ça s’agite, ça gigote (j’aurais dû m’en douter en achetant une « gigoteuse » 😛 ), ça grogne, ça souffle, ça fait plein de petit bruits, ça fait semblant de commencer à pleurer et puis « poisson d’avril en fait je dors à poings fermés »… Et une maman, c’est génétiquement programmé pour répondre aux pleurs d’un bébé (surtout le sien), alors si en plus elle a un sommeil comme le mien, ben la maman elle dort pas, à un moment elle finit par réveiller bébé pour une couche et une tétée qui auraient pu attendre au moins une heure, et le sommeil de tout le monde est pourrave.

Cette nuit je viens donc de passer ma seconde nuit avec bébé dans sa chambre à lui (il a aujourd’hui 3 semaines), et ça se passe très bien ! Je mets le babayphone, encore, c’est une étape, mais bientôt j’arriverai probablement à l’éteindre et à nous faire confiance. Pour le moment je cherche les réglages pour diminuer un peu la sensibilité (j’entends encore un peu trop de petits grognements nocturnes parce que je me suis levée cette nuit pour un bébé qui dormait encore, moins qu’avant mais quand même j’aurais pu dormir encore un peu et lui aussi, et ce matin je me lève pour un bébé qui pleure, mais je mets du temps à me lever (quelques 5 minutes) et bébé s’est rendormi, donc je prends le temps de finir cet article débuté hier, et ça fait déjà une demie-heure qu’il s’est rendormi)… Et avec tout ça, je sens que je me prépare des nuits géniales !!! 😀

Et vous, votre choix, c’était quoi ? (et pour quelles raison ? J’aime bien savoir)

Bisous

EDIT : J’ai oublié un dernier argument… Un argument que je rêvais enceinte, et que je découvre maintenant : cette heure de la nuit, une heure entière où je le nourris, où il me regarde intensément, où il s’endort et se réveille pour recommencer à téter, où finalement il se rendort et je le garde contre moi pour m’assurer qu’il est bien, que le sommeil est solide, avant de le recoucher… Cette heure où le monde est endormi et où il n’y a que nous deux, réveillés dans le canapé, dans sa chambre, cette heure si tendre, où on est à moitié dans le sommeil, à moitié dans le réveil, cette heure si calme, il faut la mériter parce que oui, c’est dur de s’extraire du lit, mais qu’est-ce que je l’aime, cette heure !!
Et ensuite quand je change de chambre pour me recoucher et que je retrouve mon mari. C’est bon aussi d’avoir notre univers à nous…
… Mais pour apprécier ceci, par rapport par exemple à mes frères, il faut avouer que j’ai un bébé calme qui ne se réveille qu’une fois par nuit et qui ne crie pas la nuit, la nuit il ne veut que le sein et le câlin, ce qui est chouette, je pense que j’aurais moins de résistance pour « l’heure des bébés » (cette fameuse heure de cris inconsolables, de coliques, heure traditionnellement vers 18h que lui a décalé à 21h grosso modo) si elle se passait la nuit.

Récit de mon accouchement

•11/04/2013 • 19 commentaires

Avertissement : J’ai écrit ce texte sous les conseils d’une amie, pour exorciser, pour me rappeler, c’est un moment de ma vie, un des plus importants.
Je l’ai écrit sans aucune pudeur, il peut choquer, il est intime. Je le publie parce que ce blog est celui de ma vie, aussi, mais je comprends que certaines personnes puissent en être choquées. Autant vous reconnaître dès le début et ne pas lire, si une telle lecture ne vous intéresse pas ou risque de vous perturber…

NAISSANCE DE CLEMENT

L’accouchement

Mardi 26 mars, à 8h45, j’ai rendez-vous pour le déclenchement de l’accouchement.
Depuis des mois, je vis dans la peur de faire naître un bébé prématuré. La peur et la culpabilité, parce que tout ça à commencé quand j’ai placé trop de choses sur mes frêles épaules : le boulot, que je gère entièrement sans demander d’allègement alors que mes chefs sont prêts à me laisser travailler les 4 mois dans un service plus calme, et pourtant je souhaite apprendre à fond et donc je décide d’aller quand même assurer le service des urgences… La grossesse. La thèse, à peine enceinte j’ai fait un tour de France pour récupérer des témoignages, au moins 3 heures de train par jour pendant une semaine… Et les projets perso, aussi… Le déménagement, même si j’en ai peu fait. La déco du nouvel appart. Un projet de tournage sur les lieux du stage, que j’ai heureusement annulé avant le vrai début, sentant la fatigue pointer. Les cours de piano. Du stress, physique, que j’ai toujours connu et que je pensais gérer jusqu’au bout.
Et puis sont venues les contractions, la peur, l’arrêt de travail, encore la peur, et la culpabilité parce que c’est moi qui me suis fait ça, qui ai fait risquer la prématurité à mon bébé.
Et puis est arrivée la date où j’ai eu le droit de souffler : les 37 semaines d’aménorrhée. Bébé ne sera pas prématuré, c’est certain. Alors je me permets de me lever à nouveau, on se permet quelques petites sorties, des restaus… Puis les jours s’égrenant, on s’autorise de plus en plus de choses : des balades, la « méthode italienne », chanter, danser (à la st Patrick par exemple, faisant peur à toutes les dames de la salle, on s’est bien déhanchés, on s’est bien amusés), de la voiture sur des petites routes cahoteuses…
Bébé va toujours bien, mais il est bien, au chaud dans mon ventre, et il ne se décide pas à sortir.
Alors on se couche, le soir du 25 mars, sachant que le lendemain verrait naître notre tout petit. Autant dire que la nuit ne fût pas de tout repos… Stress et excitation mêlés.
Gabriel m’emmène dans la future chambre de notre bébé, et me prévient que la prochaine fois que j’y retournerai, ce sera pour y installer notre fils. On profite un instant de la chambre, puis au moment où je sors, il la ferme à clé : on ne l’ouvrira à nouveau que pour notre fils. Le symbole est très beau et me fait beaucoup de bien.
C’est le 26 mars, nous peaufinons nos sacs et valises, prenons nos douches, un petit déjeuner pour Papa, moi je n’ai le droit qu’à boire et manger quelques fruits secs, une fois arrivée à la maternité, je n’aurai plus le droit de manger, j’ai été prévenue gentiment. Je me suis renseignée avec mon projet de naissance, aucune mauvaise surprise à l’horizon, je sais ce qui m’attend. Dommage de ne pas pourvoir manger, mais je le comprends, je sais pourquoi, on m’a bien expliqué, donc je l’accepte.
Une fois arrivés, on nous installe dans la salle de travail directement. Deux grandes surprises, des bonnes : d’abord le lit qui me surprend par sa taille, il est très large, c’est génial, j’ai toute la place que je veux là-dedans !! Et puis je rencontre la sage-femme qui s’occupera de nous, je la connais pour avoir travaillé avec elle et je sais que elle est formée en acupuncture. Je suis ravie, la chance était mince, c’est la seule sage-femme de cette maternité qui y soit formée, et moi je suis très sensibilisée à l’acupuncture, je savais dans mes rêves que je voulais que ce soit elle, et la chance est avec moi, c’est un bon signe, je suis réellement ravie !!
Premier examen, je suis à 3 cm, mon col est favorable, on peut donc directement me perfuser pour déclencher les contractions, c’est bon signe. Un monitoring met en évidence quelques contractions, c’est plutôt bien parti. Les contractions ne me font pas mal du tout, un serrement, à peine une sensation de début de règles… Je suis confiante.
Au fur et à mesure que la perfusion fait son effet, les contractions se font plus présentes, je les sens réellement sans avoir à vérifier sur le monitoring qu’elles sont bien là. Mais la douleur, elle, n’a rien à voir avec « les douleurs de l’enfantement » telles que je me les représentais. Ce n’est que le début, je le sais, mais ça avance progressivement et je sais que je supporterai, je suis confiante, chaque douleur me fait sourire parce que ça va dans le bon sens, je me sens bien, je suis contente.
Vers midi, alors qu’elle a déjà augmenté la dose deux fois, Estelle (c’est la sage-femme) m’examine à nouveau, je suis toujours à 3 cm, presque 4, mon col a bougé, mais c’est pas grand chose ! Je commence à calculer l’heure de l’accouchement quand elle m’arrête : l’ocytocine met un peu de temps à vraiment commencer le travail, ça n’avancera pas tout le temps à ce rythme, que je me rassure, ça va s’accélérer à un moment. Ouf, c’est vrai que l’annonce du 3 cm à nouveau m’avait un peu découragée…
Les contractions se font de plus en plus présentes. Gabriel est très présent, il me masse les pieds, le dos, le cuir chevelu, sans que jamais je ne demande rien. Il est là où j’ai besoin de lui, sans que je demande. Il se fait également discret, il est parfait. Je me fais la remarque que certaines femmes réussissent sans leur mari, et je me demande comment elles font. Ce qui est sûr, c’est que moi, je n’aurais pas pu.
Le travail a vraiment commencé, maintenant. Je passe de 4cm à 6, puis 8 cm en l’espace de 3 heures. Les contractions sont vraiment douloureuses. Je souffle, je gémis, j’émets des sons graves qui me permettent de les gérer. Puis je commence à perdre pied. Je cris que je n’y arrive pas, que je ne suis pas courageuse, je me sens nulle, j’ai honte de moi. Mais entre chaque contraction quand je regarde mon mari je vois l’admiration. Estelle reste dans la salle avec nous, elle me dit que je gère super bien malgré mes réticences. Elle m’assure que franchement j’ai de quoi être fière. Comme convenu dans mon projet de naissance, personne ne me propose la péridurale, j’avais prévenu que, étant médecin, je saurais la demander si besoin, que j’avais besoin de pouvoir exprimer ma douleur sans qu’on me dise de la faire taire. Et c’est ce qu’ils font tous, naturellement. L’accompagnement est parfait. Estelle me pique quelques points d’acupuncture de temps en temps. Le dos, les poignets, les chevilles, les pieds. Elle me prévient au début, puis finit par ne plus me déranger avec ces détails. Et tant mieux en fait. Elle est parfaite, là où j’ai besoin d’elle, très présente. J’ai la chance d’être la seule à accoucher…
Je m’accroche à Gabriel, lui déformant son T-shirt (je m’en excuse d’ailleurs mais on est d’accord, on s’en fout du T-shirt).
Estelle m’explique que le travail avance par paliers, que les contractions se font de plus en plus douloureuses selon ces paliers et que je m’habitue petit à petit. Malheureusement, chez moi le travail avance vraiment vite et je n’ai pas le temps de m’habituer à la douleur avant qu’elle ne s’accentue.
Je me souviens avoir crié que mon ventre allait exploser, et l’avoir soutenu alors que Gabriel et Estelle m’assuraient qu’il n’exploserait pas (au final ils ont eu raison).
Entre les contractions j’ai peur qu’on m’ait entendu mais Estelle m’assure que non. Je ne saurai jamais si les murs sont très bien insonorisés ou si on m’a menti pour me rassurer, mais c’était rassurant et ça suffisait. J’ai honte de moi, je ne gère rien du tout, je voulais tellement être forte et je me sens si faible. Je ne comprends pas l’admiration de Gabriel qui me répète que je suis si forte, et belle, et qu’il m’aime… Je ne comprends pas mais ses compliments sont tellement bienvenus. Et son visage me prouve sa sincérité, il est tellement ému !
Vers 16h les contractions deviennent tellement douloureuses qu’aucune position ne me convient plus. Je suis à 8 cm, j’ai envie de pousser à chaque contraction. On m’a fait allonger pour l’examen, et je n’arrive plus à bouger, les contractions sont trop rapprochées. Je reste allongée sur le dos, j’y suis j’y reste.
J’avais si peur avant l’accouchement de vider mes intestins sur la table… Peur justifiée, c’est pire que ce que je croyais. Mais personne ne m’en fait le reproche, bien au contraire. J’ai pourtant tellement honte ! Ça pue, et je demande à Gabriel de me donner un peu d’huile de massage qui sent bon pour ne pas que je sente l’odeur, ce qu’il fait. Tout le monde agit de manière très naturelle, sans gène ni honte, ça me soulage. Estelle me fait (plusieurs fois, bien obligée) une toilette, rafraichissante.
J’ai besoin de m’appuyer les jambes, elle m’installe sur un grand cercle pour m’appuyer. J’ai besoin de tirer sur quelque chose avec mes bras, on m’installe un drap derrière moi pour le faire.
J’ai besoin d’avoir un objectif. Depuis le début du travail je demande une estimation. Quand est-ce que j’accoucherai ? Combien de temps ? Pauvre Estelle qui ne sait pas quoi répondre. Elle tente de petites blagues en surestimant volontairement le temps qu’il me reste (« encore 3 heures »), suffisamment visiblement pour que même dans mon état je comprenne qu’elle n’est pas sérieuse. Elle s’excuse en m’expliquant qu’elle ne peut pas me fournir une estimation, que tout est différent d’une femme à l’autre.
Puis vient le moment de la poussée réellement. Une sensation éprouvante, très puissante, comme un vomissement, je ne peux rien faire pour le contrer, je ne peux plus parler, plus respirer à ce moment, je ne peux que pousser, et sentir cette poussée en bas de mon ventre et la douleur devant mon ventre. Ça m’aveugle, c’est horrible. Je n’ai pas d’autre mot. J’ai l’impression de m’ouvrir, et pas dans le sens doux. J’ai l’impression qu’entre mes jambes tout se déchire, tout s’écarte. Sans la péridurale, j’ai au moins la chance de comprendre que je pousse parfaitement bien, je sens la tête du bébé qui se fraye un passage vers la sortie, je sens très bien son passage, je sais qu’il va au bon endroit. Ça brûle, tellement fort !! Je ne veux plus pousser, j’ai tellement peur. Entre chaque contraction je veux absolument revenir en arrière, je ne veux plus pousser, je suis en train de me déchirer toute seule, je suis en train de me mutiler, il n’y a plus de retour en arrière possible, j’ai une trouille d’enfer, je pleure, ou je veux pleurer, mais je n’y arrive pas, je crie, aucune larme ne peut couler, je crie au secours. Je sens Gabriel totalement désemparé de me voir souffrir sans pouvoir rien faire, je suis désolée pour lui, j’aurais voulu qu’il me voit forte, et je ne veux pas le faire souffrir lui-même, moralement plutôt. Je m’excuse et il me dit qu’il n’a jamais été aussi fier de moi. Je ne comprends plus rien, j’ai l’impression qu’on n’est pas dans le même monde. Dans le mien, je ne gère rien, je suis nulle, je hurle, j’ai peur, je refuse d’avance, je suis comme une gamine apeurée… Dans le sien je suis belle et forte.
J’ai besoin de savoir, encore, et Estelle essaye d’esquiver la question, encore, mais elle finit par comprendre qu’il me faut une réponse. Alors elle estime que peut-être, en 5 poussées, je peux le sortir. J’avais besoin d’une limite, d’une ligne d’arrivée pour aller jusque là. Je n’ai pas réussi en 5, mais en 6 poussées. Je suis persuadée que ça aurait été plus si elle ne m’avait pas donné d’estimation.
5 poussées…
Je me force, je suis obligée d’aller jusque là, je ne peux plus revenir en arrière. Et puis mon corps fait tout tout seul, il m’oblige à avancer. J’ai beau ne plus vouloir, j’ai beau hurler non et au secours, à chaque poussée je pousse avec, et je sens mon corps qui s’écarte et qui se déchire… Quelle peur !! Mais j’y suis obligée !
Estelle me propose de sentir sa tête avec ma main. J’essaye plusieurs fois mais je sens un petit monticule poilu, pour moi ce n’est pas une tête, ce n’est pas un bébé, ce n’est encore qu’un truc qui me fait mal. J’ai honte de cette pensée.
Et soudain je sens mon ventre qui tombe en même temps que tout brûle et se déchire, que son corps sort de moi et que Gabriel me regarde et regarde son fils naître avec ce visage que je n’oublierai jamais. Souriant, pleurant, bouche ouverte ébahi, il est l’image que je garde gravée de mon accouchement !
Comme nous l’avons précisé dans notre projet de naissance, c’est à Gabriel qu’il revient de prendre bébé dans ses bras pour la première fois, et c’est lui qui réunit notre famille et me le présentant. C’est impressionnant ce qu’il est beau et calme, notre fils.
On nous demande comment il s’appelle et je laisse Gabriel décider : ce sera Clément. Ça me plait, c’est ce que je voulais. C’est notre bébé qui a décidé son prénom, qui ne figurait même pas sur notre liste de préférences au début de la grossesse…
Puis alors que toute la partie dont on parle (la grossesse, l’accouchement) est terminée, les difficultés ne le sont pas : il faut faire sortir le placenta, mais j’ai eu trop peur, je ne veux plus pousser. Estelle me dit ok, elle attend juste. Mais le placenta ne sort pas vite et Estelle me demande de pousser un peu, quand j’ai une contraction, pour l’aider. J’accepte, terrorisée, mais il sort avec une petite poussée et sans me faire mal. Juste une drôle de sensation.
Puis elle m’examine et m’annonce qu’elle a quelques points à faire.
Là encore j’ai besoin de précision, et là encore, elle ne peut pas m’en donner : on verra bien combien de points elle devra faire.
J’ai une grande déchirure en croix, intra-vaginale, et elle doit y voir clair. Elle me rentre donc plusieurs compresses dans le vagin, c’est douloureux. Et puis elle m’injecte de la xylocaïne pour m’anesthésier, mais me prévient que ça m’empêchera de sentir l’aiguille, pas la pression et les fils.
J’ai rendu Clément à Gabriel, je refuse de lui transmettre ma peur et ma douleur. Je suis persuadée que ce nouveau-né est une petite éponge à émotions. Je veux qu’il prenne l’amour et l’admiration de Gabriel, je ne suis encore qu’une épave. Il est en peau-à-peau avec son père, tout calme, le regardant de ses grands yeux ouverts, c’est parfait. Et de temps en temps je peux tourner la tête et voir les deux hommes de ma vie.
Pendant une heure Estelle me recoud. C’est très douloureux et pourtant elle ne lésine pas sur l’anesthésie locale. Mes parois vaginales sont très friables et elle doit d’y reprendre à 3 fois pour la suture interne. Puis elle fait les deux déchirures externes. Enfin c’est terminé et elle me nettoie, pendant que Gabriel me donne notre fils et que Clément finit par chercher le sein.
J’ai souvent entendu parler du reflexe de fouissement qui permet aux nouveau-nés de trouver le sein tous seuls… J’aurais aimé le voir, mais mon réflexe à moi, à voir mon fils qui cherche mon sein, a été de le lui donner… Il tète immédiatement, la sensation est incroyable ! Je suis extrêmement surprise de sentir l’absence de douleur ! C’est tellement merveilleux après toute cette douleur !!! Je suis heureuse, mais encore tremblante de peur. Nous téléphonons à toute la famille, en leur annonçant la naissance.
Katia l’auxiliaire de puériculture apprend à Gabriel à habiller son fils, ses premiers vêtements !
On reste dans la salle deux bonnes heures, j’ai mal, on me donne un doliprane intraveineux. Je touche en bas, c’est tellement gonflé que j’ai l’impression que la tête du bébé est toujours là. On nous emmène dans notre chambre, me lever est très douloureux, mais l’anesthésie agit encore, je crois, je ressens plus de la pression que de la douleur vive.
Les suites de couches seront très difficiles. On n’en parle pas dans les bouquins, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre.

Les suites de couches

Arrivés dans la chambre, nous nous installons. On en a discuté, Gabriel ne restera pas avec moi cette nuit. Il reprendra des forces pour être vraiment présent pour moi pendant la journée. Et puis il ronfle, on a entendu dire que la première nuit pouvait être tranquille, il ne veut pas risquer de m’empêcher de dormir si bébé me laisse, lui, dormir.
C’est notre décision à tous les deux. Je ne suis pas seule, il y a toute une équipe prête à venir au moindre problème, c’est mieux qu’il aille se reposer, et qu’il câline le chat que nous avons délaissé et qui a bien dû sentir la fébrilité de notre départ ce matin…
Il n’a pas mangé, il n’y a pas de plateau prévu pour lui (on pourrait probablement en demander mais bon, on ne le fait pas), il part chercher à manger et revient après pour faire un bisou avant de partir.
Pendant qu’il est parti, j’ai envie de faire pipi, mais je ne veux pas laisser bébé seul, même si les toilettes sont dans la chambre. J’appelle donc, et une auxiliaire reste donc dans la chambre avec lui. Et c’est la première horreur ! Faire pipi me fait atrocement mal ! Ça brûle, ça pique, et ça n’en finit pas. À chaque fois que je crois que c’est fini, ça ne l’est pas, c’est en fait moi qui me crispe. Je pleure, je gémis, c’est horrible. L’auxiliaire me dit de me passer le jet de douche, mais je ne comprends pas avant d’avoir fini (je le ferai pour la prochaine fois, et en effet, ça soulage). Quand Gabriel revient, à cause de cette « mésaventure », je pleure et pique ma première crise, je lui avoue en larmes que je ne veux pas qu’il me quitte, il faut qu’il reste dormir ici, ce serait trop dur d’être seule.
Il accepte illico, je n’ai même pas le temps de finir de pleurer (je le fais quand même, je ne contrôle plus rien), on demande un lit de camp mais il n’y en n’a plus ; je téléphone à une amie pour qu’elle ramène une couette, oreiller et matelas. Gabriel finira par préférer dormir sur le fauteuil, inclinable, avec un repose-pieds.
Ce moment m’a totalement déstabilisée, je ne pense plus qu’à ma douleur, je n’arrive pas à voir mon bébé, je ne me sens pas mère, et ces émotions me font justement sentir mauvaise mère. Il est où cet amour inconditionnel qui doit tout me faire oublier, que je suis sensée ressentir immédiatement pour mon bébé ? Il est où le fameux instinct maternel ? Je n’oublie rien de la douleur, de la peur de mourir et de tout déchirer. J’ai mal en permanence, il me suffit de me tourner légèrement dans mon lit pour manquer de crier de douleur. Je ne peux même pas faire pipi sans avoir mal !!
Je revis des moments de l’accouchement, les pires, comme les répliques d’un séisme, et je sens les larmes et la panique affluer à chaque fois.
Oui, je suis contente d’avoir accouché, je suis contente d’avoir un bébé, dans la théorie. Mais ce bébé que je vois, même si beau (parce qu’il l’est), j’ai beau le trouver adorable, je n’arrive pas à sentir que c’est mon fils. Et cette pensée me fait honte.
Dans la nuit, j’avoue enfin ces pensées à Gabriel, qui encore une fois ne me juge pas, et ça me soulage un peu… Plus tard dans la nuit, il me propose de me donner Clément dans mon lit, et je dors quelques heures avec lui (enfin il dort, moi je le regarde). Les sentiments arrivent doucement, et je finis par comprendre. Il me l’a donné dans les bras pour que je le protège, pour que je le sente contre moi, pour que je me sente enfin mère… Et ça commence à fonctionner. Le processus est long, j’ai mis 9 mois à me faire à l’idée que j’étais enceinte et qu’un bébé vivait en moi, l’accouchement est plus brutal, et il faut un temps d’adaptation… mais Je commence enfin à le sentir, ce bébé est le mien, je suis maman… Et je me sens plus amoureuse que jamais aussi, en tant que femme. Gabriel est le mari parfait, il a été parfait durant l’accouchement et il est parfait là aussi, à ne jamais juger, à toujours être là où il faut, à avoir de bonnes idées, simples, à me faire me sentir mieux. Pourtant il se sent inutile. Mais il est celui qui a fait de moi une mère, trois fois pour le même bébé ! Lorsqu’il me l’a fait, ce bébé, lorsqu’il m’a aidée à le sortir de mon ventre, et lorsqu’il l’a fait rentrer dans mon cœur, cette nuit-là !
À la maternité, je suis parfaitement bien entourée. Je continue à avoir vraiment mal, mais j’avance : un jour je fais pipi sans douleur, un jour je réussis à prendre une douche, un jour je change la moitié d’une couche (Gabriel prend le relai parce que debout je finis par ne plus tenir), le dernier jour je parviens même à donner son bain à Clément, toute seule et du début à la fin ! Les équipes sont adorables et m’accompagnent vraiment bien ! Elles répondent à toutes mes questions et surtout à mes angoisses, dont la plus présente est ce qu’il arrivera quand je devrai aller aux toilettes, pour faire caca. J’ai une trouille bleue de ce moment là ! Et plus il tarde à arriver pire c’est. On me rassure tous les jours quand je pleure d’angoisse en en parlant. Ce moment n’arrivera qu’une fois rentrée à la maison, mais ça se passera finalement bien, sans douleur aucune, malgré les obstacles (hémorroïdes)…
Tous les soirs je pleure au moment où Gabriel me quitte pour rentrer chez nous. Il ne peut pas passer ses nuits à se casser le dos sur un fauteuil, si l’un d’entre nous peut dormir autant le faire, je refuse qu’il reste, mais quand il s’en va je me sens perdue et vraiment si faible…
Puis vient le départ pour la maison. Je suis heureuse de rentrer, je me sens enfin maman, j’ai l’impression que la guérison pointe son nez, puisque je commence à marcher, même si ça fait mal, à peu près droite…
Une fois à la maison, le moral joue du yoyo : la guérison ne va pas si vite. Les toilettes chez nous ne sont pas équipés d’une douche, ça brûle donc à nouveau en faisant pipi, même si j’utilise un brumisateur. Le lit n’est pas médicalisé, je dois donc beaucoup plus bouger, et ça fait mal. Je perds toujours beaucoup de sang, les fils tirent, je tiens très mal assise.
J’avais ce fantasme d’une balade en landau une fois rentrés à la maison, d’aller faire le marché avec mon bébé tout neuf… Deux semaines plus tard, je n’ai encore rien pu faire de tout ça, j’ai trop mal, je reste convalescente à la maison, avec peu de sommeil, un bébé dont j’ai l’impression de mal m’occuper (je suis par exemple incapable de me lever pour le bercer, tout simplement, et je sais que je lui transmets ma douleur et mon stress à chaque tétée, parce que je dois changer de positions pour le faire et que ça fait mal), et un mari que j’ai l’impression d’exploiter. Je me sens moche, faible, coupable et honteuse. Tous ces sentiments sont en filigrane, je suis quand même capable de me sentir heureuse, mon bébé est adorable, éveillé, beau comme un cœur, une vraie source de joie !! Mais justement, je ne suis pas capable de l’être pour lui. Pour eux…
Je pourrais en discuter pendant des heures, mais rien ne se passe spécifiquement, j’ai juste toujours mal. Je perds toujours plein de sang. Et quand je crois que ça s’apaise, ça revient pire. J’ai mal au ventre aussi. Je commence à m’inquiéter, ce n’est peut-être pas normal… Je téléphone à la maternité, qui me dit de consulter si ça ne se tarit pas au bout de deux semaines.
Deux semaines pile après l’accouchement, je veux donc être au minimum rassurée. Nous partons pour la maternité, avec chacun une peur : Gabriel a peur pour moi, il a surtout peur qu’on me dise que l’accouchement a fait trop de dégât et qu’il n’y en aura pas d’autre. Je sais que ce n’est pas possible, je le rassure. Pour ma part, j’ai peur que les fils aient lâché et qu’il faille recommencer. J’ai aussi peur que l’utérus ne soit pas vidé et que j’aie besoin d’une révision utérine. Les trouilles dues au métier, quand on sait ce qu’il peut arriver de pire.
Au final, en effet un fil n’a pas tenu, mais il n’est pas besoin de le reprendre, l’interne me prescrit seulement des ovules de cicatrisant et d’autres d’antiseptiques. J’ai la trouille de mettre ces ovules, de toucher, de risquer d’arracher d’autres fils, d’avoir mal.
Je finis par le faire, et là encore, plus de peur que de mal, je n’ai d’ailleurs pas du tout mal.
Dès le lendemain, le soulagement est immense !! Nous avons RDV chez l’ostéopathe avec Clément, et j’y vais à pieds, avec le landau, comme j’en rêvais !! Un prochain accouchement me paraît à nouveau envisageable (même si pas tout de suite), faire l’amour aussi (pareil). Je revis ! Ce n’est pas encore fini, je le sais, mais la guérison a repris son avancée, et je peux enfin bercer mon fils debout, le prendre en écharpe, le promener en landau… Être une mère !
Je refuse cette idée selon laquelle on oublie les douleurs de l‘accouchement dès qu’on voit le bébé, c’est faux, je n’ai rien oublié, c’est minimiser ce qu’on a subit. Mais je dois reconnaître, après plus de 15 jours, que je suis un peu moins traumatisée, et j’envisage de ne plus l’être, un jour…

Je suis maman !

•11/04/2013 • 3 commentaires

Et voilà, ça fait deux semaines que mon fiston a pointé le bout de son nez… Pas qu’il souhaitait sortir, il semblait bien à l’aise dans mon ventre puisqu’il a fallu déclencher l’accouchement.

J’ai pu aller au bout de mon désir d’un accouchement sans péridurale, et… je ne recommencerai pas de sitôt ! L’accouchement a été difficile, pour moi, mais médicalement simple, rapide (relativement, mais pour un premier bébé, pas si long), avec un bébé qui supportait très bien les contractions et qui du coup n’a pas rajouté à la peur que j’avais déjà pour moi…

Quand il est sorti, il a pu avoir une heure de peau à peau avec son papa, pendant que la sage-femme recousait les dégâts. J’ai mis plus de deux semaines à me remettre un peu de ces dégâts… Ce n’est pas fini, mais je peux enfin m’assoir et me retourner dans mon lit sans trop de douleurs, je peux même marcher un peu et mettre bébé en écharpe, ce qu’il semble bien apprécier. Bref, je suis à nouveau humaine, ça fait du bien !

À venir un texte sur l’accouchement et les suites de couches. Texte intime, impudique, que je n’oblige personne à lire. On m’a conseillé de l’écrire pour exorciser, et puisqu’il est maintenant écrit, pourquoi ne pas le publier ?

Les bibles de ma grossesse… L’information nécessaire à ce que tout aille pour le mieux. (Conseils aux futures mamans)

•22/03/2013 • Un commentaire

Encore un article écrit pour les vendredis intellos.

On l’aura toutes compris, l’élément indispensable de toute grossesse, c’est l’information. Pas un article ne passe sans que ce mot soit dedans, ou alors dans les commentaires. On n’a que ce mot à la bouche, souvent d’ailleurs pour en déplorer le manque.

Attention pavé, je sens que je vais m’étendre un peu sur le sujet, mais je vais essayer de catégoriser mon article.
Dans un premier temps, je vais vous présenter les deux bouquins principaux qui m’ont appris ce qu’il me fallait savoir sur ma grossesse (oui, même médecin, j’entrais dans un monde parfaitement inconnu), et quelques autres bouquins mineurs (le jour où on a appris ma grossesse, mon mari et moi avons dévalisé la librairie ! 😛 ).
Ensuite, je parlerai un peu de la manière de recevoir les informations, et de certains petits actes faciles que chaque femme enceinte devrait accomplir pour se faciliter la tâche.
Et enfin (et c’est là que j’ai un peu peur de vos réactions), je parlerai du fossé parfois difficile à franchir entre les attentes des patientes et la réalité. Fossé que j’ai repéré en majorité sur le blog « mon corps, mon bébé, mon accouchement » et leur défi de 1000 témoignages « pour une naissance respectée ». (Soit dit en passant, le terme de respect dans ce contexte est ambigu et me hérisse le poil, j’y reviendrai sûrement).

Avant de commencer, j’aimerais attirer votre attention sur ma situation du moment : je suis à 2 doigts (au sens figuré ET obstétrical du terme) de filer à la maternité pour accoucher, entre maintenant et le 26 mars au plus tard, jour d’un éventuel déclenchement si rien ne se passe avant. Je sollicite donc votre indulgence dans le cas où je laisserais vos commentaires sans réponse. Les réponses viendront, je le promets, je ne garantis juste pas du tout le timing.

Maintenant que tout est clair, allons-y !

1ère partie : les bibles de ma grossesse.

Comme je l’expliquais plus haut, j’en ai eu envie avant même d’être enceinte, mais je ne l’ai fait qu’après. Dès que j’ai annoncé ma grossesse à mon mari (à peur près 10 secondes après l’avoir su moi-même), et après le légitime moment d’ahurissement total, scotchés par la nouvelle, mon mari et moi avons pris la voiture pour dévaliser deux grandes librairies. Je crois que nous en sommes sortis avec 9 livres (en fait pas tout à fait, il y en a 3 que j’ai acheté plus tard, mais bon, je vous la fais courte) !
Faut être honnête, c’est beaucoup, beaucoup trop !!! Ca ne sert à rien, si ce n’est à se paumer complètement, à ne plus savoir où donner de la tête et même éventuellement à se sentir coupable parce qu’on aura jamais eu le temps de lire tout ça.
Mais enfin, du coup, j’ai pu voir lesquels étaient les plus digestes, et les plus informatifs, sans tomber d’un extrême à l’autre. Et pour permettre à de futures mamans d’y voir plus clair, j’ai eu envie de vous donner un petit aperçu de mes indispensables, du coup.

j'attends un enfantEn tout premier, je savais que je l’achèterais, c’est d’ailleurs le seul livre que je connaissais vraiment (enfin le titre et l’auteur) avant de tomber enceinte. Le fameux livre de Laurence Pernoux « j’attends un enfant ».
Pour être honnête, le livre m’a paru initialement bien fait, avec de grands chapitres bien séparés, écrit très lisiblement, pas trop indigeste, illustré, complet et agréable à lire… Mais pas du tout fait pour moi ! Je suis médecin, je connais quand même les faits de la grossesse, je sais comment on fait les bébés, comment ils grandissent dans le ventre… Et le livre me rabâchait mes cours et mon savoir, vulgarisés qui plus est ! Je reste intimement persuadée que c’est un très bon livre, indispensable aux mamans qui n’ont pas ce savoir, il est réédité chaque année et la raison de son succès est bien compréhensible. À lire, donc, le principe du découpage comme il est fait c’est qu’on l’ouvre où on veut, on le referme quand on veut et on le réouvre après.

3111 « Attendre bébé… autrement, ressources pour une grossesse naturelle ». Un livre collectif, bourré de références bibliographiques qui permettent d’aller plus loin, des liens internet, des numéros de téléphone pour en savoir plus. Un livre qui donne vraiment confiance, et qui présente bien tous les aspects, toutes les alternatives, sans vraiment pousser dans une direction. J’ai beaucoup aimé leur manière de permettre à la lectrice de s’imaginer une grossesse naturelle, sans qu’elle soit nécessairement suivie par une sage-femme libérale, sans que ce soit nécessairement un projet d’AGN ou d’AAD (ce qui n’est pas possible ni partout ni pour tout le monde). On adapte le tout à sa propre personnalité.
Des différentes méthodes de préparation à la naissance, des différentes possibilités d’accouchement, un découpage en trimestres, des témoignages et des poèmes, et des chansons… Un vrai plaisir à lire ! Il a vraiment été MA BIBLE !!
Petit bémol, le côté médical, pratique, matérialiste, les questions terre-à-terre, tout ça ne trouve pas vraiment de réponse ici, il n’est pas suffisant pour une première grossesse à mon sens. À compléter soit par des questions posées à un professionnel ou une personne qui saura y répondre (mais y a beaucoup de questions je pense) ou par un livre plus terre-à-terre, comme éventuellement celui de Laurence Pernoux.

1007314-gf Finalement je suis un peu dans le faux quand je dis que « attendre bébé… autrement » a été MA BIBLE. Parce que j’en ai une seconde, de bible, découverte sur le tard, qui m’a été prêtée par mon ostéopathe et que j’ai fini par m’acheter, après avoir constaté qu’il est génial. C’est « bien-être et maternité », du Dr Bernadette de Gasquet.
Le premier truc bien, dans ce bouquin, c’est qu’il est écrit par un médecin, et que donc il prend très bien en compte la réalité des maternités, le truc que même si on aimerait bien parfois, il n’est pas toujours possible de changer, et elle adapte donc ses conseils en fonction. Tous ses conseils sont applicables, quel que soit le mode d’accouchement que vous aurez choisi, quelle que soit votre situation de grossesse (j’ai pu faire pas mal de choses alitée en menace d’accouchement prématuré, par exemple).
Pour le coup je voudrais vous mettre un petit extrait (je ne le ferai pas pour tous les livres), expliquant merveilleusement bien la respiration, le périnée, et la poussée lors de l’accouchement. 3379994631 Le principe étant d’expirer en partant du bas : on serre le périnée, puis les abdos inférieurs et on sent remonter le diaphragme. Pour inspirer, ya plus qu’à se détendre. C’est le tube de dentifrice bien vidé. Si on serre du milieu du ventre (comme on a tendance à le faire « naturellement » – ou plutôt par habitude que naturellement), la poussée se fait dans les deux sens, on perd la moitié de la force et l’autre moitié fait pression sur le périnée. D’un autre point de vue, le jour de l’accouchement, si on fait pression sur le ventre, on pousse vers le bas et en même temps vers le haut, on bousille la moitié de son énergie qui ne sert à rien.
(l’extrait, c’est juste l’image, le reste c’est moi qui paraphrase)
Ce bouquin est une mine d’or d’exercices pratiques (ce qu’on n’a peu voire pas dans les autres), illustrés, avec témoignages et « discussions » type questions-réponses sur les exercices, ce qui permet de vraiment mieux les comprendre. À s’acheter, emprunter à la bibliothèque ou se faire prêter. S’il n’y en n’a que deux à avoir, c’est celui-ci et le précédent. Avec celui-ci, il est possible d’acheter « accouchement – méthode de Gasquet » qui cible les différentes positions de travail et d’accouchement. Je l’ai acheté, parcouru, et finalement c’était bien mieux de le travailler « en pratique » avec la sage-femme qui me faisait la préparation à la naissance. la méthode de Gasquet est une formation SF reconnue et très développée, il n’y aura pas de difficulté à trouver une SF formée pour vous expliquer. Sinon en livre c’est pas facile. J’ai aussi acheté « en pleine forme après bébé » du même auteur, j’avoue qu’il me fait un peu peur parce qu’un peu alarmiste sur le périnée et un peu extrémiste sur la méthode à suivre (comme rester au maximum couchée pendant 21 jours après l’accouchement, c’est bien gentil, mais en pratique j’ai des obligations qui vont rendre ça difficile à tenir, comme un déménagement, ou 2 fois 10 heures de voiture pour aller rendre visite à un parent mourant, qu’il puisse voir le bébé avant de partir)… Une fois qu’on a passé ce côté alarmiste, il est quand même intéressant. Mais dans la majorité des cas (elle a encore sorti plusieurs autres bouquins du genre, comme « périnée, arrêtons le massacre »), tous ses « petits livres » ne sont que des développements d’un chapitre suffisant du gros, donc le gros livre devrait suffire, franchement.

Les deux autres livres que je me suis achetés pour moi sont « livre de bord de la future maman », de Marie-Claude Delahaye, et « le guide de ma grossesse au naturel », collectif. Par très intéressants, on peut bien s’en passer, je ne les ai que parcouru au début, et ils sont restés rangés dans ma bibliothèque.

51KPmNQ5hRL._SL500_AA300_Pour Papa, on lui a acheté « devenir père » de René Frydman, qu’il a parcouru, intéressé, mais surtout « Devenir papa pour les nuls », qu’il a dévoré !! La collection pour les nuls a des bons et des mauvais bouquins, mais celui sur la paternité est visiblement extra ! Ponctué de témoignages, de conseils terre-à-terre très pratiques, de traits d’humour, il permet à Papa de pas mal savoir à quoi s’attendre… Lui qui est un trouillard du milieu médical, je l’ai vu se détendre peu à peu sur le sujet, et savoir quelles questions poser à nos interlocuteurs tout au long de la grossesse. Je le recommande donc chaudement !

2ème partie : Où trouver l’information qu’il manque ?

C’est un peu simpliste à dire, mais en lisant des témoignages, et en parlant avec d’autres femmes enceintes, même à mes cours de préparation à la naissance, je me rends bien compte que le trait de caractère « grande gueule » n’est pas si répandu que ça, et que s’il pose parfois problème dans la vie personnelle, pour le coup il m’est bien utile !

Il faut tout simplement poser ses questions, ne pas en avoir honte (je suis médecin, et j’ai un jour osé poser la question qui me faisait peur et honte : « en soulageant mon ventre avec une bouillotte, au tout début de grossesse alors que bébé est minuscule et fragile, est-ce que je ne risque pas de… le cuire ? »… J’avais peur de faire un « oeuf dur », ce qui est ridicule, je le savais, mais j’arrivais pas à m’empêcher d’en avoir peur. Ben médecin ou pas, oui on a rit (ensemble et sans moquerie) mais on m’a rassurée et c’était le plus important. Moralité, y a pas de question idiote, si elle vous turlupine, faut la poser). Attention, les poser avec respect et compréhension, accepter les réponses même si ce ne sont pas celles souhaitées, et si l’interlocuteur n’est pas dans votre état d’esprit, parce que c’est sujet à polémique ou qu’il n’est pas formé dessus, accepter de ne pas lui en vouloir et demander plus tard à quelqu’un d’autre…
Je pense qu’on peut parler de tout, avec tout le monde, en respectant ce principe de base : respect, compréhension, et acceptation. Comme l’a dit Clem la semaine dernière, le mieux pour avoir les informations, c’est de multiplier les interlocuteurs. Et ça tombe bien, pendant la grossesse, surtout si on suit le parcourt « classique », on les multiplie, les potentiels interlocuteurs !!

Bon, par contre il y a un souci quelque part, que tout le monde connait bien, c’st le temps et la disponibilité des professionnels de santé. C’est chiant, autant pour eux que pour vous (je peux le dire pour avoir été de chaque côté de la barrière), mais on ne peut rien y faire. Le système de santé n’est pas très sympa pour ça.
Les gynécos d’hôpital, par exemple, sont à la fois responsables de leur consultation, du service, des urgences et parfois même du bloc, en même temps. Donc on prend inévitablement du retard, qu’on essaye inévitablement de combler, et ça tombe forcément sur les consultations de suivi, qui sont les moins graves.
Par contre, je peux vous donner quelques pistes pour contourner ce problème… 😉

Déjà, évitez le travers le plus désagréable qui soit pour un professionnel de santé, la fameuse question de poignée de porte. C’est un travers facile à prendre, d’autant que les patients le prennent par respect, grosse erreur !
En gros la patiente se dit « bon, je la laisse faire ce qu’elle a à faire (dans mon exemple c’est UNE gynéco, du coup), et ensuite je pose mes questions ». Le ensuite correspondant plus ou moins à la poignée de main ou la poignée de porte, donc la toute fin de la consultation, quand déjà elle vous a consacré 11 minutes au lieu de 10 et qu’elle se met en retard. Résultat, elle est frustrée, énervée, le montre ou pas, mais en tout cas répond au lance-pierre, une réponse toute faite pas personnalisée, et remet le reste à la prochaine fois.
Donc mauvaise idée.
Si la question est spécifiquement pour votre gynéco, le must c’est d’avoir fait une petite liste AVANT la consultation (liste de questions qu’elle est la seule à pouvoir répondre, sinon la liste s’allonge et plus de trois questions d’un coup, on repart au même travers), de la lui signaler au début de la consultation, comme ça on peut en parler en même temps que les gestes techniques sont fait, ou à la place d’autre chose, elle peut organiser son temps de consultation en fonction, et pas de mauvaise surprise.
(bon, si vous tombez sur une peau de vache, c’est pas mieux, hein, mais c’est pas obligé)

Sinon, privilégiez le fait que vous avez PLEIN d’interlocuteurs à votre disposition. En fonction des thèmes de vos questions, par exemple :

une question sur le déroulement de votre accouchement ? Les personnes les mieux placées pour répondre sont les sages-femmes de la salle de naissance de votre maternité. Parce qu’elles sauront dire ce qui se fait spécifiquement chez elles, ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas (les maternités ont des règlements, pas tous les mêmes, et ce n’est pas parce qu’une copine ou votre SF libérale vous a dit qu’un point était négociable qu’il le sera en réalité le jour J). Vous pouvez leur téléphoner, et demander un RDV, l’occasion aussi pourquoi pas de visiter la salle de naissance pour vous familiariser avec les lieux… Certaines maternités n’accepteront que si vous téléphonez juste avant de venir, pour vérifier qu’en effet à ce moment elles ont une salle libre à vous montrer, et une SF libre pour vous parler. La plupart du temps, elles vous consacre suffisamment de temps pour répondre à tout. C’est aussi le moment, si vous souhaitez faire un projet de naissance, de l’avoir rédigé au brouillon avant et de voir ce qui peut se faire / ce qui se négocie / ce qui ne pourra pas se faire. Vous évitez la sensation de non respect de vos volontés le jour J, si vous savez pourquoi ça ne se fait pas ici…

une question sur la péridurale ? Normalement votre RDV d’anesthésie (indispensable, faites-le même si vous ne souhaitez pas de péridurale, vous ne savez jamais si vous n’aurez pas besoin d’une intervention quand même, ou même si vous ne changerez pas d’avis au dernier moment) dure un certain temps, il est justement fait pour ça. Posez vos questions, encore une fois en les ayant noté sur un papier pour ne rien oublier, et n’ayez pas peur des questions bêtes. Ils ont vu pire, je vous le garantis !

une question que vous ne savez pas catégoriser, vous ne savez pas à qui la poser ?Là, il y a une personne à qui on pense trop rarement en cas de grossesse, et même de petite enfance, mais qui est parfaitement au point pour ça (ou au minimum, si sa pratique fait qu’il a un peu oublié, il saura vous guider et vous conseiller un interlocuteur, ou se renseigner lui-même devant vous), votre MEDECIN GENERALISTE ! Sachez qu’après le 5ème mois de grossesse, toutes vos consultations sont remboursées à 100%. Prenez donc un RDV, sans problème médical, juste pour vos questions. Vous aurez 20 minutes rien qu’à vous, éventuellement renouvelables si besoin, et ça ira mieux après. Un médecin ne soigne pas que des maladies avec des médicaments, mais aussi des mal-être avec des mots, et pour une femme enceinte, c’est essentiel ! Ne l’oubliez donc pas, à moins d’un manque de confiance (et dans ce cas, changez-en vite), vous n’avez aucune raison de ne pas aller le voir.

– Et puis pour celles qui le peuvent ou le veulent, il y a les doulas, les copines, les mamans, une SF libérale…

3ème partie : Entre mes attentes et ce qu’il va vraiment se passer…

Là il s’agit d’un avis vraiment personnel sur le sujet, mais je sais que je ne suis pas la seule à le penser, notamment en milieu « médico-maman » (maman et professionnel de santé).

Quand je lis les témoignages de ce blog, « mon corps, mon bébé, mon accouchement », j’avoue ressentir parfois un malaise impressionnant.
J’y ai lu des phrases comme « la naissance de mon fils a été horrible, je n’arrive pas à y repenser sans déprimer » (la phrase est réécrite approximativement et de mémoire, je ne peux absolument pas dire qui c’était ni même si ce n’était pas un mix de plusieurs témoignages), ça me trouble profondément. Nul doute que la jeune femme en question ressent réellement ce qu’elle décrit. Nul doute qu’elle s’est réellement sentie dépossédée de son accouchement, que celui-ci a été difficile à vivre. Mais tout le monde a vécu des histoires de santé difficiles à passer, des interventions médicales effrayantes, que ce soit sur soi ou son entourage. Et pourtant je ne vois pas ce genre de témoignage à propos de chimiothérapies, de chirurgies, de longue rééducation, qui peuvent aussi mal se passer. Non, les obstétriciens ne sont pas moins respectueux que d’autres chirurgiens.
Alors pourquoi ce malaise, vis-à-vis de l’accouchement ?

Je n’ai pas encore publié ce billet que je sens que ma question et ma comparaison choquent. C’est volontaire. L’explication vient après.
En fait depuis toujours j’entends dire, à tort ou à raison je ne sais pas, j’ai l’impression que, comme le dit Florence Forresti dans son sketch « mother fucker », c’est un peu de la propagande, mais toujours est-il que rapporter l’accouchement au « plus beau jour de sa vie », c’est ce qu’on entend toutes, c’est ce qu’on aimerait toutes. C’est vrai quoi, c’est le jour de la naissance de son bébé, qu’on a attendu au moins pendant 9 mois, c’est le jour où on devient Maman (c’est encore plus vrai pour la première fois), c’est le jour où la vie change et prend un nouveau sens… Mais pour autant est-il obligé d’être le plus beau jour de la vie ? On va souffrir (que celle qui n’a eu aucun mal lève le doigt), oui pour une bonne raison mais ça va quand même faire mal, ce sera fatigant, épuisant, même, ce sera une rupture dans un monde bien ordonné, le corps ne va pas tout comprendre, on va d’un coup passer de la plénitude de la grossesse au vide de son ventre flasque, il va y avoir du sang, des glaires, on va probablement se pisser ou se faire caca dessus… Tout ça, magnifiquement glamour, me permet d’être certaine que non, le jour de mon accouchement ne sera pas le plus beau de ma vie. Il aura une grande signification, je ne l’oublierai jamais, mon bébé sera un vrai trésor, mon homme un roc et un ange gardien, mais ce n’est pas l’acte de l’accouchement qui sera important là-dedans. Et de fait de cette certitude, je pense que je suis moins à risque de prononcer ce genre de phrase (j’espère d’ailleurs que son bébé ne l’entendra jamais, cette phrase !).

Je crois qu’on se met, dans l’optique de l’accouchement le plus beau jour de la vie, une pression folle, incroyable ! Il faut accoucher avec le sourire, tout comme on l’a décidé. Et quand ça ne se passe pas comme ça, on en veut au monde entier et à soi-même. Et on ne dépasse pas ça. Et on se rend malheureuse, vraiment. Et le prochain accouchement, la prochaine grossesse, sera ponctué de terribles réminiscences. Et le risque est le cercle vicieux. Alors oui, on accuse le corps médical (en soi, je le comprends, si ça doit aider), parce que c’est un peu plus facile, mais malheureusement ça ne nous aide pas à guérir, je crois même bien au contraire.

Alors comment faire ???

J’ai parlé plus haut du projet de naissance. Je vais développer un peu le sujet. Je le crois indispensable à tout accouchement. On associe souvent dans l’esprit projet de naissance et naissance naturelle, physiologique ou alternative. Rien à voir !
Un des points de mon projet (personnellement) est d’être appelée par mon prénom (je ne me sens pas encore une madame, et puis on va passer plusieurs heures ensemble), ou encore que ce soit à mon mari que soit donné le bébé à sa naissance, et que ce soit lui qui me le présente. Rien de compliqué, rien d’alternatif là-dedans. Mais c’est juste comme ça que je vois les choses.
Un projet de naissance, ce n’est pas, comme on l’imagine facilement, dire à l’équipe « vous avez l’habitude de faire comme ça, mais c’est pas ce que je veux, je voudrais comme ça ». Non. Ou pas forcément. Un projet de naissance, tout le monde en a un. Dans son imagination, dans ses rêves, dans les histoires vues à la télé, lues ou racontées. On ne peut pas être enceinte (ou se savoir futur papa) sans imaginer la suite.
Et écrire un projet de naissance (ou le verbaliser, mais je recommande quand même fortement de l’écrire au moins un peu), c’est surtout avoir fait la démarche de savoir ce qu’on imagine, les petits trucs qu’on aimerait, ce qui nous fait peur… C’est terriblement sain !

Après, qu’est-ce qu’on en fait, de ce projet de naissance ? (qui, évidemment, est on ne peut plus personnel, rédigé avec le papa, et surtout surtout pas calqué sur celui d’une autre, juste parce que c’est très à la mode de demander pas d’épisiotomie et pas de collyre dans les yeux de bébé) Je sais que personnellement, j’ai fait un projet très différent de ceux réalisés habituellement : épisiotomie je ne m’y oppose pas, au contraire (j’ai très peur de la déchirure naturelle qui irait vers l’anus, rare je le sais, mais fonctionnellement grave et longue de réparation), les soins au bébé faites tout ce qu’il vous plait (pour 10 minutes de séparation, je sais que si bébé ne va pas bien après ce n’est pas à cause d’une décision que j’aurai prise), par exemple. Mais je l’ai écrit. Ça a d’ailleurs étonné (mais fait sourire) les SF à qui je l’ai montré, parce qu’elles ont l’habitude du projet de naissance « comme à la maison », où il est difficile de répondre à tout.
Donc qu’est-ce qu’on en fait, eh bien on en parle ! On en parle, on le fait lire, à tous et à tout le monde (enfin les gens utiles et les gens de confiance, pas besoin de le dire à la boulangère).
Aux professionnels, tous, parce que des fois les SF disent oui et finalement se retrouvent avec l’anesthésiste qui refuse. À chaque consultation avec des gens différents demander si on pourrait pas le relire ensemble. Notamment parce que les SF, en salle de naissance, c’est jamais les mêmes, et qu’on peut tomber sur une qui n’est pas d’accord avec ce qui ne posait pas de pb aux autres, parce qu’elle a une expérience différente ou qu’elle n’est pas formée à telle ou telle position par exemple. Pendant le monito, si long, par exemple !
On en parle aussi à son entourage de confiance parce que même s’il est très personnel, sur certains points c’est bon d’avoir des retours d’expériences ou de lectures. (Sur l’épisio, par exemple, on peut ne pas en vouloir jusqu’au jour où on apprend que, c’est très rare, mais une déchirure naturelle peut emprunter des trajets beaucoup plus handicapants et fonctionnellement graves, et après on fait sa propre balance bénéfice risque, qu’est-ce qui vous fait, à vous personnellement, le plus peur ?)
Bref, un projet de naissance, c’est personnel, oui, c’est intime, oui, mais ce n’est en aucun cas un secret à garder pour vous jusqu’au jour de l’accouchement où vous le sortirez comme une fleur. L’idée est la pire qui soit ! Pour vous autant que pour l’équipe.
Et en en parlant dès le début, d’ailleurs, vous pouvez aussi remarquer que la maternité choisie n’est peut-être finalement pas la bonne, votre projet est assez mal reçu par rapport à une autre, qui n’est finalement pas si loin… Parfois ce sera possible de changer avant d’accoucher (et parfois non, bien sûr : autre maternité trop loin ou inscription obligatoire fermée)… Et si non, vous aurez aussi tout le temps qui vous reste sur votre grossesse pour faire un travail dessus : est-ce que ce point là est si indispensable pour moi ? Il se passera quoi si ça se passe comme ils m’ont dit, pour moi ? Ce travail, j’en suis sûre, sera bénéfique.

Ce qui m’amène à mon deuxième point : Après le « il ne faut pas idéaliser son accouchement », vient le « il ne faut pas chercher à tout contrôler à tout prix ».
Je sais, la grossesse n’est pas une maladie, l’accouchement n’est pas qu’un acte médical, mais si quand même un peu. L’accouchement, c’est imprévisible. Vous voulez une péridurale, bébé arrive trop vite. Vous n’en voulez pas et finalement la douleur est insupportable et vous devenez votre propre bourreau en ayant dicté des règles qui ne vous conviennent plus. Vous vouliez accoucher dans l’eau, ou sur le côté, et vous vous rendez compte que ces positions ne vous conviennent pas. On vous a bien prévenu que la position gynécologique était anti-physiologique au possible, et pourtant c’est celle-ci qui vous convient le mieux. (à ce propos d’ailleurs cette phrase n’est pas toujours vraie, selon les arrangements que l’on y fait : Bernadette de Gasquet l’explique bien dans son bouquin, avoir une position sur le dos, mais respectant la physiologie de l’accouchement) … Bref, l’imprévu de votre accouchement est le seul truc prévisible. Quoi que vous décidiez, quelque chose va aller à son encontre, tout ne se passera pas exactement comme vous l’avez prévu.
Alors je pense qu’il faut s’y résigner dès le début. Oui, avoir des demandes, oui s’informer sur tout, mais accepter humblement que vous ne contrôlez pas tous les événements, et que, dans l’état où vous êtes le jour de l’accouchement, s’en remettre aux professionnels qui vous accompagnent et ont pour eux l’expérience et la tête froide n’est pas forcément une mauvaise idée.

Quel que soit le déroulement de votre accouchement, sauf drames, vous serez Maman à la fin, et c’est ÇA, et pas votre accouchement, qui est la plus belle chose de votre vie.

Enfin, comment s’en remettre quand ça ne s’est pas bien passé, quand malgré tout le zen qu’on a essayé d’y mettre, on en garde une pierre sur le coeur ? Pareil, tout passe par la communication. Vous avez 3 ou 4 jours à la maternité (sauf exceptions), et il peut être possible d’en profiter pour comprendre ce qui s’est passé. Tout est allé trop vite pour vous (même si ça a duré des heures), vous n’avez pas forcément tout bien compris, peut-être est-ce le moment, si vous n’arrivez pas à passer outre, d’en reparler. Eventuellement de revoir la sage-femme en question. Pas avec des reproches, pas pour lui dire « vous ne m’avez pas respectée », mais en lui expliquant que vous avez besoin de comprendre ses décisions. Vous ne reviendrez pas en arrière, mais comprendre, ça aide. Et ça peut prévenir la peur de la suite. Et vous parviendrez probablement à revivre ce moment en vous disant que oui, ct pas ce que vous vouliez, y avait mieux à faire, mais elle a dit que ct pour le petit, qu’elle avait peur pour lui, et même si je n’en suis pas convaincue ça fait du bien de savoir qu’elle avait ma santé et celle de mon bébé à coeur… Et si vous ne le faites pas de suite, vous pouvez peut-être essayer les jours ou semaines d’après. Ne laissez pas passer des mois, elle risque de ne plus se souvenir…
Votre dossier, vous y avez également droit. En le demandant avec gentillesse, on peut vous le photocopier, vous aurez accès à des faits que vous n’aviez peut-être pas compris, ni même connu (non, personnellement, je vais éviter de dire à une mère qui accouche que j’ai très peur du rythme cardiaque de son bébé, je vais préférer dire qu’il se fatigue… Cacher des choses, oui. C’est vrai. Mais dans son intérêt, pour éviter une panique qui ne l’aidera pas à pousser. Quitte, si elle le souhaite, à revenir dessus après). Il peut vous être utile si vous le relisez avec quelqu’un du milieu. Mais attention aux écueils du genre « oui, avec un rythme comme ça on peut encore attendre », parce que à froid c’est plus facile à dire… 😉

Dernier petit point, le fameux « accouchement non respecté…

On va peut-être dire que je chipote sur les mots (et c’est vrai, j’ai toujours été comme ça. On compte une quantité de mots dans notre dictionnaire, autant ne pas les utiliser pour des significations qui ne sont pas les leurs), mais ce terme de respect me choque.
Wikipédia nous dit :

Le respect (du latin respicere signifiant « regarder en arrière ») évoque l’aptitude à considérer ce qui a été énoncé et admis dans le passé, et d’en tirer les conséquences dans le présent. Il peut ainsi être question du respect d’une promesse, du respect d’un contrat ou du respect des règles d’un jeu. Dans ces exemples, le respect évoque l’aptitude à se remémorer le moment dans lequel un individu s’est engagé, respectivement, à tenir sa promesse, à satisfaire aux conditions du contrat, ou à se conformer aux règles du jeu.
Le respect appliqué à un individu prend un sens plus proche de l’estime, et s’appuie sur l’aptitude à se remémorer les actes auparavant accomplis par un individu, lorsque ceux-ci sont dignes d’être reconnus. Le respect ne doit pas être confondu avec la tolérance, car celle-ci n’a pas les mêmes motifs, et contrairement au respect, elle n’est pas incompatible avec le mépris.
Il est dit du respect qu’il se mérite ou se gagne.

Pour le coup, le mot n’est pas forcément mal employé. Si on parle de l’accouchement non respecté comme d’un accouchement où les demandes formulées n’ont pas été satisfaites.
Mais ça me gène, parce qu’on confond facilement le respect d’un acte ou d’une parole avec le respect de l’individu, l’estime. Et pour le coup c’est tellement faux !!
Je voulais juste soulever ce point. Si vous estimez que votre accouchement n’a pas été respecté, dans le vrai sens du terme, n’en déduisez pas forcément que vous n’avez pas été respectée, qu’il n’y avait aucun respect à votre égard. Les demandes peuvent ne pas être satisfaites pour des milliers de raisons, et ça n’aurait rien à voir avec un potentiel mépris pour vous, la patiente, le numéro de dossier, comme vous auriez pu le penser…

Voilà mon pavé de réflexions terminé, je souhaite à toutes les futures mamans un accouchement serein, et surtout de savoir s’en remettre sans traumatisme, quoi qu’il se soit passé.

DocnMama

PS : Je comprends que tout ce que j’ai dit au-dessus puisse être invalidé par un abruti, qu’il soit gynéco, médecin, SF, ou n’importe qui d’autre, qui n’aura pas su communiquer avec vous malgré toute votre volonté, et vous aura traité comme une merde. Pour le coup, ça existe aussi, comme partout, mais je ne crois pas qu’à lui (eux) seul(s), ils invalident ma réflexion. C’est pourquoi les commentaires comme « oui mais moi j’ai donné mon projet et il avait été accepté et finalement ça s’est quand même mal passé », je ne peux pas dire que je ne les accepterai pas, parce que je n’en n’ai pas ce pouvoir, mais je ne les trouverai pas bien constructifs… Oui, malgré toute notre bonne volonté, ça peut ne pas bien se passer, ça peut même ne pas se passer dans le respect de l’individu. Mais ça vous n’y pouvez rien et moi non plus, le but de mon article est de vous aider soit à planifier un accouchement serein sans pression sur vous-même ou l’équipe, soit à surmonter le traumatisme d’un accouchement qui s’est passé à l’opposé de ce que vous souhaitiez. Pas de changer le monde ou de fustiger ceux qui, s’ils sont si cons, de toutes façons s’en foutent.
Pour ceux-là, comment surmonter ? Ben tout simplement s’ils sont cons ce n’était pas de votre faute, il vous suffira de ne pas retourner voir ceux-là, je vous rassure, pour en avoir beaucoup fréquenté, la population médicale n’est pas encore envahie, les cons restent minoritaires.

Naïveté, quand tu nous tiens…

•17/03/2013 • Laisser un commentaire

…Et que tu nous donnes des raisons de croire en toi…

Je suis naïve. Je le sais, je le revendique, je l’entretiens.
Bon, attention, je sais être un minimum réaliste quand même, mais je crois en l’humanité.
Je crois que les gens sont sympas et gentils sauf quand ils ont des raisons de ne pas l’être, plutôt que le contraire. Du coup quand quelqu’un ne l’est pas, je m’en prends plein mon petit coeur parce que c’est forcément que je lui ai donné une raison, mais bon. Du coup j’essaye aussi de rester simple et gentille face aux gens.
Je crois par exemple dur comme fer, dans mon métier, et ça me joue des tours dans les conversations, mais je crois que le corps médical est fait de gens qui veulent soigner, guérir, et pas de connards qui veulent profiter du corps des autres, manier du scalpel, faire des actes et s’enrichir. Mon métier est un métier de vocation, et si ça se passe mal entre un médecin et un patient, c’est une question de malentendu, de communication d’un côté comme de l’autre (sauf, évidemment, cas particuliers).
Je crois en la bonté des gens.
J’entends de plus en plus souvent dire que l’humanité se perd, que chacun joue au chacun pour soi, qu’il n’y a plus de solidarité, que rien ne va plus ma bonne dame.
Et comme dans Love Actually, où le narrateur constate la présence d’Amour partout, je ne peux que constater que ces généralités se trompent.
Autour de moi, tout est gentil.
Et ça se voit d’autant plus que je suis enceinte.
Premier trimestre, dans le RER, on ne voit quasiment pas que je suis enceinte (de mon point de vue), heure de pointe, train blindé, j’ai pas fait deux stations debout. Un jeune (première erreur) au look racaille (deuxième erreur) qui se lève pour me faire assoir.
Et là ce matin, je choisis le pire moment pour aller faire mes courses au grand magasin (j’ai failli dire le nom de l’enseigne, mais pas de pub ! 😉 ), mais bon il me manquait de l’indispensable et lundi mon mari n’aurait pas pu venir avec moi. Évidemment caisses blindées ! Je repère la caisse prioritaire, 4 caddies devant moi : une dame en train de passer, une femme presque aussi enceinte que moi, une vieille dame et sa fille qui trimballent deux caddies. Et moi. Bref, toutes légitimes, donc j’ai plus qu’à attendre. Je me sens bien, donc je patiente. Quelques personnes autour de moi me regardent, on me demande s’il n’y a pas une caisse prioritaire (ben si mais tout le monde est légitime devant moi, mais ça va vous inquiétez pas, j’ai le sourire). Et un vigile vient me dire qu’une dame à 3 caisses de moi me laisse passer devant elle.
Ils ont fait déplacer tout le monde pour que je puisse naviguer de ma caisse à la sienne avec un caddie bien rempli et un profil qui, faut bien le dire, n’est plus ce qu’il était. Tout le monde a bougé, gros bordel. Personne n’a fait ne serait-ce qu’une moue boudeuse. J’étais hilare et tout le monde avait le sourire. Tout ça pour pas que j’attende à ma caisse…
La journée commence bien, j’ai envie de dire il fait soleil et pourtant en regardant par la fenêtre je sais qu’il fait super moche. C’est juste l’impression que ça me fait. Là, dans ma tête, il fait plein soleil !

Une petite anecdote pour qu’il fasse soleil dans la vôtre aussi.
Mais voilà, j’ai décidé de me conforter dans mon opinion. Oui la naïveté peut jouer des tours, peut-être est-ce un défaut, mais j’entretiens la mienne, et c’est très agréable de croire en l’humain, je vous l’assure ! 😀

Bonne journée !